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Garlin (28/07/2018) : la terna sort en triomphe ; A Mora la révélation...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
30 ans le bel âge.. Pour ses 30 ans de novillada, la peña taurine de Garlin avait décidé de remettre au programme celle de juillet qui avait disparu ces dernières années.

Revenaient pour l'occasion Angel Jimenez et Dorian Canton triomphateurs des Pedraza de Yeltes à Pâques, aux côtés desquels débutait le prometteur Alejandro Mora, vu à son avantage en NSP en 2017 à Arzacq et Saint Sever.
Déjà venus dans ses arènes les représentants du Tajo y La Reina du maestro Joselito, constituaient le lot de novillos pour cet anniversaire. Dommage que le public ne se soit pas plus déplacé.
En effet, si l'après-midi malgré le nombre de trophées important n'a pas toujours atteint les sommets, elle n'en fut pas moins d'un intérêt véritable ne serait-ce que pour découvrir le très talentueux Alejandro Mora (neveu de Juan présent ce jour), et avoir la confirmation du métier de l'expérimenté Angel Jimenez et la grand côte d'amour dont bénéficie Dorian Canton dans le sud-ouest.
Les Tajo y La Reina d'inégale présentation permettaient pour trois exemplaires (1, 3 et 6) aux toreros de s'exprimer, le 5ème fut inédit changé pour patte arrière gauche invalide. Le Roland Durand sorti en sobrero, n'extériorisa pas une grande race.

Angel Jimenez
L'expérimenté andalou fort de ses bons passages à Seville et Madrid est revenu avec une personnalité bien plus affirmée que lors de sa première venue en ces terres béarnaises. Il recut le premier bonito de présentation avec des véroniques pleines d'empaque. Après deux piques que le novillo mis du temps à prendre, la faena débuta par le haut. Le Tajo se révèle assez vite noble et sans vice mais un poil fade dans sa charge. Jimenez n'oblige pas trop son novillo. Bien que faisant preuve d'une certaine esthétique, le natif d'Ecija dessine des séries des deux mains qui manquent de profondeur mais jamais de rythme. Le public adhère et quand après une entière très efficace, le combat cesse. Ce sont deux oreilles qui tombent du palco.
Changement de décor avec le 4ème, le plus lourd semble t'il de l'envoi. Dès les coups de capote, l'animal mange le terrain du torero. Dès l'epreuve des deux piques passées sans grande détermination , le "Joselito" demontre une race incertaine. Jimenez débute à genoux et reveille les spectateurs mais ne change pas fondamentalement le comportement de son adversaire. La faena va rapidement a menos, le novillo finissant éteint. La mort est laborieuse (3estocs + 2 descabellos). Silence

Dorian Canton
Le béarnais eut la malchance de tomber sur le plus mauvais de l'après-midi. Le novillo qui ne s'était guère confié dans le capote, s'époumona longuement lors de la première pique au contact de laquelle il resta longuement collé. La seconde ne sera qu'un rapide contact. Cela finit par vider totalement l'animal rapidement transformé en bloc de marbre.Il n'y avait dès lors rien d'autre à faire. Ovation de sympathie.
Avec le 5 bis avacado et bizco de cornes, Dorian démontra plus d'envie que ce que permettait réellement le novillo. Belle réception cape en main, par véroniques suaves et bien conduites. Après les deux piques (dont la seconde purement anecdotique) le novillo accuse le coup et sa charge sera saccadée. Démarrage par cambios dans le dos. Devant un public acquis, Dorian déroule une longue faena des deux rives dont il réduira les distances quand l'animal commencera à se figer. Il est clair que le garçon a gagné en expérience et sait comment se dépêtrer d'un adversaire assez peu propice au succés. Une entière au second essai, concluante, libère deux oreilles (la 2ème généreuse) réclamée vigoureusement par les spectateurs.

Alejandro Mora
Bon sang ne saurait mentir et sous les yeux de son oncle Juan, l'extremeño a fait très forte impression démontrant beaucoup de classe et de toreria tout au long de son passage. Avec le bon La Reina qui provoqua une chute sur la 3ème tentative de pique (plus par la maladresse du lancier qui loupa complètement sa cible que par puissance), Mora propose une faena qui va a mas. Après les premières série droitières, c'est surtout avec la main gauche que la faena décolle pleinement même si parfois le jeune extremeño privilégie encore la forme au fond. Désarmé deux fois, le rythme de son travail s'en ressent quelque peu. Néanmoins, la charge douce du novillo est bien mise à profit par la muleta de l'impétrant et après une entière au deuxième essai tombe une oreille.
C'est avec le 6ème un jabonero aux cornes dirigés vers le haut qu'Alejandro va enchanter tout le monde. Sa réception par véroniques en tablier est un modèle d'élégance. Avec son entourage, il décide de limiter le chatiment à une seule puya et le Tajo arrive au derniers tiers avec l'allant suffisant pour répéter dans la flanelle. Le départ est somptueux avec des doblones d'ouverture longs et guidés. Main gauche ou main droite c'est avec du velours que Mora enchaîne les séries. Gauchères pour commencer, puis de la droite elles sont données avec cadence, tout au plus pourrait-on lui demander de baisser encore plus la main pour peser encore plus sur le Tajo. L'oeuvre est parsemée de quelques détails d'artistes et la fin par statuaures est de haute qualité artistique. Il plonge pour une entière. Il faudra néanmoins l'usage du descabello pour que l'animal finisse par se coucher (ovation à sa dépouille). Deux nouveaux mouchoirs tombent du palco.


Garlin, Novillada
2/5eme d'arène
5 Novillos du Tajo (1-2-4-6) y La Reina(3) (le 5ème changé pour invalidité) et 1 Roland Durand
11 piques
cavalerie Heyral

Angel Jimenez 2 oreilles / silence (avis)
Dorian Canton silence / 2 oreilles
Aleajndro Mora (débuts) oreille/ 2 oreilles (Avis)

Les trois toreros sont sortis en triomphe.

Philippe Latour


Voir le reportage photographique : Philippe Latour