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Peralta (06/09/2018) : Kevin de Luis sort à hombros...

©Nicolas Couffignal
©Nicolas Couffignal
Les fêtes de Peralta continuent avec les encierros de novillos et vaches, les cortèges de géants et les novilladas. Pour cette course du jeudi, c’est l’invité de dernière heure, Kevin de Luis, remplaçant de Diaro Dominguez blessé, qui a triomphé.

Le garçon, même s’il est encore vert, est un novillero courageux, dévoré d’envie de toréer .Trahi par l’épée, dimanche dernier face aux Aldanueva, ce sont sa vaillance et les aciers avec deux belles estocades, qui lui ont permis de couper une oreille à chaque novillo. Francisco de Manuel est un des novilleros en vue de cette temporada. Malheureusement pour lui, il a été très mal servi au sorteo.
Le novillero français El Adoureño, à quelques heures de son alternative dacquoise, continue sa tournée d’adieu de novillero. Il est très marqué physiquement avec une épaule endolorie, hématomes à la jambe et des douleurs au niveau des côtes. Programme chargé, voire trop chargé, corps meurtri, cela commence à peser et peut expliquer une prestation ce jour très en dessous de ce qu’on attend d’un novillero aux portes de l’alternative. Avant de rentrer en France, il doit toréer ce vendredi à Calasparra une novillada d’Adolfo Martin (sic).
Intoréable à Cuellar (deux novillos sont rentrés vivants après trois avis et un troisième s’est couché juste avant la sonnerie du dernier), les novillos de Condessa de Sobral (origine Torrestrella) étaient abordables à Peralta. Par manque de fond et de forces, ils n’ont offert que peu d’options aux toreros.

Le premier novillo percute un burladero dès sa sortie en piste. Devenu invalide, il est puntillé en piste et remplacé par un sobrero de la ganaderia Hermanas Azcona (Jandilla par Daniel Ruiz). Léger et cornicorto, il a difficile à fixer. Au cheval, mal mis en suerte, il est tardo et prend un puyazo en poussant. Après un bon quite de Kevin de Luis par chicuelinas, le toro commence à prendre querencia vers les planches. Le sévillan, protégé de l’empresa locale, double avec efficacité le novillo. Sur les premiers derechazos, il a du mal à baisser la main parce que le novillo est juste de forces. A gauche, le novillo se défend et a une charge courte. Retour à droite pour deux séries valeureuses. De Luis, comme dimanche, va à mas au long de sa faena et conclut celle-ci par un très bon enchainement de derechazos. Il tue vite d’une entière basse et coupe une oreille.

Le second est bien reçu à la cape par El Adoureño. Mal piqué, le novillo prend un seul puyazo. Même si les banderilleros saluent, la lidia au second tiers est chaotique avec beaucoup trop de capotazos. Le début de faena par cambiadas et faroles est spectaculaire. Le toro manque de force mais est collaborateur à droite, ce qui permet au torero français d’enchainer deux bonnes séries sur cette corne. A gauche, il part en querencia et le torero n’insiste pas. Sur le piton droit, Yannis tire une dernière série intéressante. Le gersois perd l’oreille qui semble acquise à l’épée et doit se contenter de saluer au tiers.

Le troisième est plus fait mais aussi plus gordito que costaud. De Manuel est un fin torero et un excellent capeador et sa réception par véroniques et chicuelinas templées est superbe. Le novillo vient, sans grande conviction au cheval pour une unique rencontre. Du tercio de banderilles, on retiendra une
grande paire de Sergio Aguilar qui paradoxalement n’est pas appelé à saluer. Le novillo manque de race et de forces. Le novillero s’applique, toréé avec élégance et sincérité mais le toro n’a pas de charge et ne permet pas grand-chose. De Manuel abrège la faena et tue d’une belle épée entière très rapide d’effet.

Le quatrième, plus costaud mais « bonito de cara » est accueilli par des véroniques de rodillas. . Le Condessa de Sobral prend un puyazo dont il sort seul. Le novillo manque de race, a une charge courte, mais Kevin de Luis déborde d’envie. Il débute sa faena par des cambiadas très spectaculaires. Le sévillan se donne à fond, confond parfois vitesse et précipitation mais construit une faena courageuse, volontaire, avec des détails de bon niveau, et qui porte sur le public. Il s’engage avec beaucoup de sincérité pour une belle estocade en place et très efficace. Il coupe une nouvelle oreille synonyme de Puerta Grande.

Le cinquième est un joli novillo très typé Torrestrella. Il met la tête dans le capote. Il est bien piqué à trois reprises par Laurent Langlois. Le novillo pousse à la première et sort seul des suivantes. La troisième rencontre était peut-être inutile d’autant que le toro prend un picotazo supplémentaire après avoir chargé le picador lors de sa sortie du ruedo. De Manuel fait un bon quite, salut du banderillero. Dès la sortie du bicho, on sent Yannis contracté, il perd sur la cape sur les premiers capotazos. Manifestement, il s’est mis dans la tête ou croit que cela se passerait mal avec ce novillo et cela s’est effectivement mal passé. Pitos après une faena décousue, brouillonne et une mise à mort plus que laborieuse.

Francisco de Manuel reçoit avec élégance le sixième qui pousse en une unique rencontre trasera. Le toro remate aux planches au second tercio. Dès les
premiers muletazos, le novillo se réfugie dans les tablas. Le novillero essaie en vain de le remettre au centre. Il tente alors de la toréer dans la querencia mais le bicho se défend, puis s’éteint complètement au bout de quatre séries. Très déçu, le torero abrège la faena.

Fiche technique
Arènes de Peralta : quatrième festejo de la Féria 2018
Un novillo de Hermanas Azcona (1ER bis) et cinq de Condessa de Sobral manquant de fond et de forces pour :

Kevin de Luis : un avis et une oreille, une oreille
El Adoureño : salut au tiers, un avis et pitos
Francisco de Manuel : silence, silence

Neuf piques dont quatre au cinquième novillo
Salut au premier de Javier Cerrato, au quatrième de Daniel Sanchez et au cinquième d’El Ruso.
Moins d’une demi-arène
Soleil mais température « frisquette »

Thierry Reboul