Arles (09/09/2018) : Tarde sans épée, seuls deux saluts pour De Justo et Leal...

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C'est à ni rien comprendre... A lire les réactions d'après présentation de carteles sur les réseaux sociaux, c'est le même leitmotiv : "On voit toujours les mêmes...". Hier, le cartel de la Goyesque, composé de trois "On voit toujours les mêmes" a rempli les arènes d'Arles. Et aujourd'hui, avec une affiche "qui a le nez creux", il faut bien l'avouer alors que le plus gros de la temporada est derrière nous, on arrive à peine à une moitié d'amphithéâtre.

Et c'est fort dommage car cette après midi de "Toros-Toros", avec six astados charpentés et supérieurement armés, une mise en piste destinée à mettre en valeur le premier tiers, a été entretenue avec trois exemplaires importants de Baltasar Iban et des toreros qui auraient pu, qui auraient dû couper des oreilles, au moins pour deux d'entre eux, s'ils n'avaient connu des échecs rédhibitoires aux aciers.
Ainsi s'achève la temporada arlésienne 2018, riche en émotions diverses, même si les plus fortes n'ont pas toujours eu pour cadre le ruedo des arènes...


Laurent ElTico Deloye


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Emilio De Justo reçut magnifiquement son premier adversaire par un capoteo templé à souhait, ponctué par une demie à camara lenta de toute beauté. Face au piquero, le Baltasar Iban, venant de loin mais sans réellement pousser la monture, prit deux grosses rations de fer. Brindis à Morenito d'Arles, banderillero de sa cuadrilla, actuellement blessé. Après des doblones en guise d'ouverture de faena, Emilio prit la droite pour deux séries bien cadencées mais ternies par un animal mobile mais manquant de classe sur cette rive là. Le torero de Caceres prit la main gauche, et c'est à partir de ce moment là que sa faena put aller a mas, le Baltasar étant de meilleur son de ce côté là. Sous les accords de Chicuelo II, Emilio servit trois tandas de naturelles de qualité, templées et très à gusto. L'ultime échange sur la corne droite fut également d'une très belle intensité, recueillant de vibrants olés. Hélas, une épée capricieuse et une multitude de coups de descabellos lui firent perdre une grosse oreille qui lui semblait promise. Applaudissements.

Juan Del Alamo salua le second de la tarde par de soigneuses veroniques, enchaînant par chicuelinas. Au tercio de varas, le bicho se distingua lors de trois piques en brave, venant avec un joli galop et poussant la monture avec force. Sur les muletazos initiaux, le Baltasar sembla accuser ce rigoureux tercio de piques, perdant les mains à deux reprises. Face à ce toro devenant de plus en plus tardo et s'éteignant à vitesse grand V, l'espagnol n'eut guère d'option de briller. Il tua par une épée très basse après avoir pinché. Silence.

Juan Leal revenait dans les ruedos après une sérieuse blessure survenue dans les arènes de Bilbao il y a quinze jours. Vu les chaleureux palmas avant l'entrée de son premier adversaire, l'on peut dire qu'il était très attendu. Le Baltasar prit deux rations de fer sans histoire. Entame de dernier tercio tonitruant de l'arlésien par cambios enchaînés d'un beau changement de main. Sur les premières séries droitières, Juan profita de la noblesse du Baltasar pour sortir deux séries de derechazos très templées, avec beaucoup de rondeur et d'élégance. Sur la gauche, le toro fut de moindre qualité, ce qui n'empêcha pas Juan de tirer plusieurs naturelles harmonieuses, bien allongées. Il remata cette prestation convaincante par un trasteo dans un mouchoir de poche, servant muletazos, redondos et passes dans le dos, pour le plus grand plaisir des tendidos conquis. L'ultime série fut imprimée par des bernardinas ultra serrées, faisant frissonner l'assistance. Une mort en trois temps dont une première lame maladroite lui coûta à coup sûr un trophée. Ovation.

Le quatrième, reçu par un capoteo de velours, poussa par à-coup la cavalerie, sans montrer de réelle bravoure, sortant seul du peto lors de la seconde rencontre. A la muleta, le Baltasar, sans grande transmission fut court de charge, avec une pointe de violence. Après deux séries droitières d'observation, Emilio prit la main gauche pour tracer trois tandas de naturelles de belle consistance mais sans pouvoir vraiment connecter avec le public. Le retour sur la droite ne fut guère enthousiasmant, le Baltasar baissant encore un peu plus de ton. L'effort qu'Emilio fit lors d'un final par naturelles de face n'eut pas l'effet escompté, l' astado cherchant l'homme sur le second passage. Mort en deux assauts. Ovation avec Salut.

Le cinquième bondit sur le piquero lors du premier contact mais sans vraiment pousser par la suite. Sur la seconde rencontre, le Baltasar s'endormit sous le fer. Début décidé de muleta par cinq muletazos de rodillas, le long des planches, rematé par pecho. L'astado, soso, se montra vite sans grand allant ni transmission. Guère aidé par cet exemplaire, Juan Del Alamo imprima quelques passages ambidextres corrects mais sans faire décoller l'ensemble. Mort par demie suivie de trois coups de descabello. Silence.

Vu son comportement très agressif à son entrée en piste, le dernier de l'après-midi fut lidié par fuera avec beaucoup de maîtrise de la part de Juan Leal. Le Baltasar prit une première prise de châtiment avec bravoure, déplaçant la monture avec force. La seconde pique, reçue en deux temps, fut extrêmement mal donnée avant une ultime trop appuyée et terminée au milieu du ruedo sous les sifflets. Brindis du protégé de Maurice Berho à la famille Couturier. Au dernier tercio, le Baltasar ne se montra guère collaborateur. Le français montra de bonnes dispositions sur la zurda avant de raccourcir les distances, parvenant à chiper tout ce qu'il put dans un style de tauromachie très valeureux et rapproché. Mort en quatre temps. Silence.


Arènes d'Arles (13)
Dimanche 9 septembre à 17h.
6 Toros de Baltasar Iban, très sérieux de présentation et inégaux de comportement.
Poids : 555, 550 , 560, 535, 565, 540.
1/2 arène.
Durée : 2h30
Temps beau et lourd.

Emilio De Justo : Applaudissements après deux avis / Ovation avec Salut.
Juan Del Alamo : Silence / Silence après avis.
Juan Leal : Ovation avec Salut / Silence.

Tercio de piques mis en configuration "corrida concours", le picador positionné au niveau de l'arrastre.
Le prix du meilleur picador a été attribué à Juan Francisco Peña qui a piqué le cinquième exemplaire.
Au quatrième toro , Juan Sierra et Juan Manuel Perez saluèrent à l'issue du second tercio.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico