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Mont de Marsan (22/09/2018) : au royaume des cieux, oreille et blessure d’Emilio de Justo...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
Cette feria d'automne montoise était l'occasion de rendre hommage au sorcier de Galapagar Victorino Martin décédé l'an dernier. L'ambiance était particulière au moment du paseo, Emilio de Justo ayant eu le malheur tôt dans la matinée d'apprendre le décès de son papa.

Emilio a pris la décision mûrement réfléchie de défiler et de toréer en sa mémoire. Nonobstant cette triste nouvelle, l’attente était forte et les espoirs de voir une course entretenue nombreux.
Le programme était chargé puisque les écarteurs Baptiste Bordes, Thomas Marty et le sauteur Fabien Napias ont lidié pour commencer cette corrida un toro de Jalabert qui leur permit de faire admirer leur savoir-faire et de recueillir une très forte ovation lors de leur vuelta.
Le lot de Victorino Martin inégal de présentation ne fut pas de ceux qui restent dans les mémoires. Décevant au cheval, ils ne manifestèrent pas au dernier tiers des signes de grande caste.

La corrida fut marquée par le combat que livra Emilio de Justo au deuxième. Dans ce contexte si particulier, le cacereño montra dès la réception au capote son envie rematant d’une superbe demie la série initiale de véroniques. Après deux piques et le salut de Angel Gomez et Jose Manuel Valcarce aux palos, De Justo brinde longuement au ciel avant d’attaquer la faena. Que dire pour la suite, l’émotion peut-elle se décrire ? Après un début par le bas dominateur, Emilio se confie d’entrée à droite et tire deux séries de grande profondeur. A peine la main gauche prise, le toro soulève et encorne le torero dans l’émotion. Après un tour express à l’infirmerie et malgré deux trajectoires de 8 et 13 centimètres, l'une affectant légèrement le nerf sciatique, il revient claudiquant pour une dernière grande série de derechazos. Après un pinchazo, il plonge pour une entière efficace et voit tomber alors qu’on le mène à l’infirmerie l’oreille du pundonor. Ole torero !

Luis Bolivar dut donc affronter trois Victorino. Son premier faible dans le capote, se montre tardo en deux piques prises sans s’employer. Il est désarmé d’entrée de jeu. Le toro a une corne gauche assassine et les quelques essais de ce côté-ci seront infructueux. Côté droit, c’est mieux bien que sans grand parcours. En traçant des lignes droites Bolivar finit par intéresser le Victorino qui restera néanmoins très mesuré dans sa charge. Epée en deux temps. Silence.
Le quatrième de l’envoi ne se livre pas. Il faut le consentir au capote. Bolivar a suffisamment d’expérience pour voir immédiatement la bonne corne droite de toro. Le Victorino est plutôt fade dans sa charge et la tauromachie du colombien reste trop sur les bordures. Peu d’émotion dans cette longue faena. Silence après entière, avis et descabello
Le dernier saute à la gorge de Bolivar avant d’essayer de faire un tour au callejon. Le toro est brusque et se retourne vite. Il faudrait baisser la main pour peut-être arriver à canaliser le Victorino. La faena des deux bords manque de dominio et agace une frange du public. L’entière et les deux descabellos terminaux ne rencontrent que le silence.

Juan Leal eut affaire à un premier Victorino compliqué dès l’entame à la cape. Lors des deux piques l’animal tarde à charger et colle au capote à la sortie. Le toro offre du danger des deux côtés. Arrimon valeureux de Leal qui finit par obtenir des séries des deux côtés en escamotant par nécessité le premier temps de la passe, le Victorino ne délivrant qu’une faible charge. La faena est volontaire, le public y est sensible. Une entière en arriere couche le Victorino. Juan effectue une vuelta ratifiée par l’assistance.
Le cinquième présente peu d’options. Juan insiste longuement en pure perte dans une faena ou peu de choses notables émergeront. Final compliqué en cinq pinchazos et deux descabellos (2 avis). Silence


Arènes du Plumaçon
2/3 d'arènes
6 Victorino Martin
12 Piques – cavalerie Bonijol
Luis Bolivar silence/silence/silence
Emilio de Justo oreille avec blessure
Juan Leal vuelta/silence

Saluts de Angel Gomez, Jose Manuel Valcarce et El Monteño aux banderilles
Emilio de Justo fut blessé par le 2ème de l’envoi (blessure à la cuisse gauche deux trajectoires sans dégâts vasculaires), il fut transporté à l’hôpital de Mont de Marsan pour y être opéré en début de soirée.

Philippe Latour


Voir le reportage photographique : Philippe Latour