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Mont-de-Marsan (23/07/2016 - tarde) : Les seuls saluts pour Curro Diaz...

@Roland Costedoat
@Roland Costedoat
Ce samedi commence la seconde partie des Fêtes de la Madeleine, celle consacrée aux corridas « toristes » avec un lot de Cebada Gago et un de Miura. En 2015, le lot de la première ganaderia avait apporté beaucoup de satisfactions au ganadero et au public présent. Celui de 2016 a déçu l’un et l’autre. Très bien présentés avec du trapio et des armures « vicoises », justes de force, d’une bravoure mitigée, ils ont manqué, à l’exception du lot de Perez Motta, de race.

Le premier, mal mis en suerte, sera très mal piqué. Histoire d’exprimer clairement leurs attentes, les aficionados présents sifflent copieusement, le picador à sa sortie du ruedo. Rafaelillo gêné par le vent, cherche le terrain favorable à la première série. Il enchaine par une bonne série de derechazos. Dès la suivante, toujours à droite, le toro prévient le torero. Rafaelillo recule à chaque passe, torée de trop près et ne se croise pas. Il accentue, par sa tauromachie brouillonne et heurtée, les défauts du toro. Même scénario à gauche, où le toro est dangereux dès la première passe. L’estocade entière, de côté et en avant, est efficace.

Le deuxième accroche la cape sur les deux cornes. Il soulève le cheval à la première pique et le renverse. Le picador, Curro Sanchez, se retrouve sous sa monture au moment de la chute. Blessé, il doit laisser sa place au picador de réserve. Il prend avec une certaine bravoure deux autres piques. A la muleta, il est tardo, a peu de charge et s’arrête à mi passe. Ce type de toro ne convient pas du tout à la tauromachie de Curro Diaz. Le toro s’éteint petit à petit, le torero doit insister pour lui arracher des passes dont on ne retiendra qu’une série à droite et une naturelle. Comme d’habitude, le torero de Linares tue bien, ce qui lui permet de saluer.

Le troisième, très bien charpenté, a plus d’énergie à sa sortie que les deux précédents. Il baisse bien la tête dans la cape. Il prend une première bonne pique en poussant, mais il sort seul de la seconde. Aux banderilles, le toro poursuit les peones jusqu’au planches. Raul Ruiz salue après avoir posé deux bonnes paires. A la muleta, le toro est noble et très mobile. Perez Motta le cite de loin, le Cebada Gago répond avec alegria. Même scénario à gauche mais il torée sur le voyage, ne pèse pas sur le toro et finit par se faire déborder. A aucun moment il n’exploite les qualités du toro. Perez Motta, au bout de ses capacités, abrège la faena au bout de cinq minutes alors que le bicho a encore plusieurs séries dans les pattes. L’arrastre est ovationnée et le torero sifflé.

Le quatrième est plus léger. En 2015, Juan Jose Esquivel avait fait la vuelta après avoir superbement piqué le quatrième toro. Avec démagogie, Rafaelillo met en scène le premier tiers. Résultat, le piquero sera ovationné après avoir mis deux picotazos à un toro qui ne pousse pas. Le torero débute sa faena de rodillas. Très vite le toro devient compliqué à droite et à gauche. Il est manso mais Rafaelillo ne fait rien pour l’améliorer, ou plutôt il fait tout pour lui donner des défauts. Il n’est jamais dans le sitio, les séries sont brouillonnes. Le torero finit par être dominé par le toro et tue d’une estocade très en avant limite golettazo.

Le cinquième retient sa charge et freine dans la capote de Curro Diaz. Il attaque le piquero à la sortie du patio de caballos puis sort seul, sans avoir poussé, des trois rencontres suivantes. Le toro a du genio, il faut le toréer avec autorité pour l’obliger à passer. Comme Curro Diaz compose plus la figure qu’il ne toréé. Il se fait accrocher la muleta, ne domine pas et tue mal.

Le dernier prend avec violence une première pique. Placé plus loin, il ne vient pas. Il est manso. Avec beaucoup de professionnalisme, le piquero va comme en tienta, le toréer pour l’obliger à venir et lui donner deux très bons puyazos. Francisco Vallejo est ovationné et salue. La musique a joué pendant le tercio, c’est exagéré compte tenu du manque de bravoure du toro. A la muleta, le Cebada Gago est exigeant. Perez Motta est dépassé par les évènements et accentue par son absence de lidia les défauts du toro. Il y avait matière à faire une bonne faena à condition de lidier pour corriger les défauts du toro. Dépassé Perez Motta rend compliqué le Cebada et la faena va à vau l’eau. Seul le coup d’épée, en place mais long à faire effet est à retenir. Le torero sera sifflé en quittant le ruedo.


Fiche technique
Arènes de Mont de Marsan, quatrième corrida des Fêtes de la Madeleine 2016
6 toros de Cebada Gago, bien présentés, bravitos au cheval mais manquant, sauf le troisième, de race pour

Rafaelillo : silence, silence
Curro Diaz : salut, silence
Perez Motta : sifflets, un avis et silence

Salut au troisième des banderilleros.
Salut du picador Rafael Esquive au quatrième
Ovation et salut du picador Francisco Vallejo au sixième
Lleno
Durée de la corrida : deux heures

Thierry Reboul

Voir le reportage photograpphique : Roland Costedoat