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Mimizan (20/08/2016) : Dufau coupe la seule oreille d’un lot de Yonnet justes de force...

@Roland Costedoat
@Roland Costedoat
Cette année, le club taurin local a choisi de faire appel à la ganaderia d’Hubert Yonnet pour la désormais traditionnelle corrida des Fêtes de Mimizan. La ganadera a sélectionné un lot de toros bien présentés et correctement armés. Hélas, après des entrées en piste tonitruantes, ils ont tous, à l’exception du sixième, fait preuve d’une grande faiblesse, obligeant les toreros à les citer à mi-hauteur et les empêchant de lier les passes.

Le second (du fer de Christophe Yonnet) a sauté dans le callejon. Blessé, il a du être puntillé à son retour en piste et remplacé par un exemplaire du même fer. !

Le premier, haut, maigre mais bien armé, pousse lors de sa première rencontre avec la cavalerie. Il prend un picotazo à la seconde. Il est faible, avance au pas et fléchit si on le fait humilier. Morenito de Aranda semble décider à bien faire. Il le cite à mi-hauteur et profite de sa noblesse pour tirer une bonne troisième série à droite en se croisant. Le toro va très vite a menos et devient soso. Le torero prolonge trop une faena qui manque d’intérêt car le toro a raccourci sa charge et ne transmet pas grand-chose. Après une jolie série de passes d’adorno, le torero de Burgos s’engage avec prudence pour une demi-estocade desprendida. Le toro tarde à tomber, un avis et silence pour le torero.

Le second fait une incursion dans le callejon, causant quelques dégâts matériels. Patte cassée, il doit être puntillé. Le sobrero, comme le titulaire du fer de Christophe Yonnet est bajo mais bien fait et bien armé. Pepe Moral l’accueille par une belle série de véroniques qui réveille le public. Le bicho prend une première pique en poussant et sort seul de la très légère seconde. Boiteux, dès les banderilles il est tardo. Dans les premières passes de muleta, il s’arrête à mi-charge. Très vite, il se décompose. Sa charge se raccourcit. Le torero arrache quelques passes isolées sans grande émotion. Pepe Moral finit par abréger. Il tue, sans s’engager lui aussi, d’une entière dans le rincon rapide d’effet.

Le troisième est le plus léger du lot. Faible, il est économisé à la pique. Le toro est noble mais manque trop de force. Il a une charge très courte et chute à plusieurs reprises. Thomas Dufau arrache les passes une à une. Il torée à mi-hauteur un toro qui progressivement le ramène dans les tablas dont il l’a sorti en début de faena. Le final trémendiste porte un peu sur le public. Le landais tue d’un tiers de lame de côté, après un pinchazo, et d’un descabello.

Le quatrième, bizco, a du trapio. Abanto, il parcourt le ruedo mais il se calme dès la première série à la capote. Il a des problèmes de locomotion. Faible, il prend un picotazo sans pousser et fléchit à la sortie de la pique. Plus on va avancer dans la lidia, plus son arrière train se paralyse. Malgré une faena d’infirmier, il tombe à plusieurs reprises et Morenito de Aranda est contraint d’abréger la faena. Le torero, sans s’engager, s’y prend à trois fois pour mettre une entière en place, nouvel avis et nouveau silence. Quelques sifflets fusent au moment de l’arrastre.

Le cinquième est haut, costaud et bien armé. A nouveau Pepe Moral fait réagir le public en accueillant le Yonnet par une très belle série de passes de cape. Très faible le toro fléchit dès le tercio de piques. Le toro est quasi invalide et malgré un fond de noblesse, il est incapable de suivre la muleta. Pepe Moral le tue d’une entière en place, toujours sans s’engager, après un pinchazo et un descabello. A nouveau quelques sifflets accompagnent l’arrastre.

Le sixième, le plus fort du lot, sera également le plus solide. Il est très mal piqué. Après une carioca à la première, il est mis en suerte et pas retenu par Thomas Dufau pour une seconde pique après la sonnerie. Le toro a un peu plus de peps que les cinq précédents. Bien que tardo, il est noble et vient bien dans la muleta. Il a une bonne corne gauche que n’exploitera que superficiellement le français. A droite, Dufau est marginal, fait un pas en arrière à chaque passe. Il est très en dessous des possibilités du toro. Le sympathique public mimizannais réagit à une bonne série à droite et obtient une oreille après une quasi entière tendida et tombée.

Ainsi s’achève une édition 2016, très en dessous des précédentes et qui ne restera pas dans les mémoires.

Fiche Technique
Arènes de Mimizan, corrida des Fêtes 2016
5 toros d’Hubert Yonnet et un de Christophe Yonnet (2 bis qui a remplacé le titulaire du même fer qui s’est cassé une patte en piste) bien présentés et armés mais très faibles. Seul le dernier plus solide a donné du jeu et permis une faena.

Morenito de Aranda : un avis et silence, un avis et silence
Pepe Moral : silence, silence
Thomas Dufau : silence, une oreille

Dix piques et picotazos
Cavalerie Bonijol
Agréable météo maritime
Entrée : trois quarts d’arène
La course a commencé avec trente minutes de retard, le chirurgien étant bloqué dans des embouteillages.

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Roland Costedoat