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Béziers (16/08/2013 – tarde) : Sur le fil....

 

Photo : ElTico
Photo : ElTico
Que ce fut long et laborieux... Alors que sortait en piste le sixième toro, Sebastian Castella n'avait coupé dans les arènes de sa ville, quasi pleines pour l'occasion, qu'une seule et unique oreille... La faute à un lot de toros d'un choix posant interrogation... et à une épée aux abonnés absents.

Une fois la corrida terminée, avec deux trophées supplémentaires à son actif, le bitterois pouvait un peu mieux respirer, même s'il avait choisi de sortir à pieds et non a hombros comme son score le lui permettait. Preuve s'il en était besoin, qu'une encerrona est un exercice qui ne souffre d'aucune approximation et qui est un concours de circonstances heureuses plus qu'improbable... Plus d'un s'y sont cassés les dents cette année : Talavante à Madrid et plus près de nous, Fandiño à Bayonne, pour exemple. Ce qui donne encore plus de relief aux performances réalisées par José Tomas l'an passé à Nîmes... et par Juan Bautista en juin dernier à Istres. On ne peut toutefois pas parler d'échec en ce qui concerne Sebastian Castella aujourd'hui, tant les circonstances lui ont été contraires.

Et tout d'abord les toros choisis pour ce solo, qui provenaient d'élevages dits «de garantie», majoritairement d'origine Domecq. Chacun sait que s'il sont synonymes pour les figuras de triomphe quasi assuré, il y est plus que fréquent d'y croiser quelque exemplaire faible et/ou décasté. Le Victorino Martin mort au campo aurait peut-être donné le surplus d'émotion dont cette corrida a manqué... On ne le saura jamais. Au final, le meilleur toro de la tarde portait le fer de Robert Margé. Une fierté pour l'éleveur des Monteilles certainement, mais eu égard aux circonstances, on peut légitimement penser qu'il se serait bien passé de cette médaille...

Le premier toro portait le fer de Jandilla. Faible et très rapidement éteint, son peu de jeu amena le torero de Béziers dans son berceau pour un final d'équilibriste comme il les affectionne. Hélas l'estocade trasera fut d 'effet lent et Castella ne put que saluer.

Face au second de Núñez del Cuvillo, protesté dès sa sortie pour un comportement étrange de son train arrière, le biterrois retrouva des couleurs car la mobilité de son adversaire, lui autorisa quelques beaux passages gauchers. Une estocade trasera et un descabello plus tard, il obtenait sa première oreille.

Le Robert Margé présenté en troisième position poussa correctement sur les deux rencontres avec le groupe équestre qui lui furent proposées. Après que Morenito d'Arles ait salué à l'issue du tiers de banderilles, Sebastian Castellabrinda son toro aux élèves de l’École Taurine Béziers Méditerranée présents en contre-piste. Le Margé offrit de belles charges vibrantes en début de faena, mais s'éteint vers la fin. Une mort en trois envois privait le torero d'un nouveau trophée qu'il semblait bien avoir en poche.

Le remplaçant du Victorino portait le fer de Zalduendo. Épargné à la pique sur une seule rencontre (?), il se révéla suave en début de faena mais baissa rapidement de ton, contraignant Castella a tenter d'arracher un nouveau trophée entre les pitones. Peine perdue pour cause de mort en quatre temps...

L'Alcurrucén sorti cinquième était la définition même du terme souvent abusivement employé de : « sans option ». Manso, sans race, il fut occis malgré tout d'une belle entière.

Vint enfin le Domingo Hernandez élu dernier de l'envoi qui, sans être un foudre de guerre, devait permettre à Sebastian Castella de faire plaisir à son public auquel il le brinda d'ailleurs. Entamée par une passe changée, la faena face à ce toro noble et mobile fut croissante d'intensité, bien que ne trouvant pas la vitesse supérieure pour cause de manque de transmission du bicho. L'estocade en place libérait une pétition majoritaire pour l'octroi d'une oreille... La deuxième fut donc un peu protestée.

Laurent Deloye ElTico

 

Béziers – 16 août 2013 – tarde

Beau temps chaud avec petite brise non gênante.

Quasi plein.

Durée de la course : 2 heures 35

Poids des toros : 520 ; 530 ; 550 ; 550 ; 540 et 540 kgs

Nombre de rencontres avec la cavalerie Alain Bonijol : 11

Six toros de différentes ganaderias (Jandilla ; Núñez del Cuvillo ; Robert Margé ; Zalduendo ; Alcurrucén et Domingo Hernandez) pour :

Sebastian Castella : Saluts ; oreille ; saluts ; silence ; silence ; deux oreilles.

 

 

Voir le reportage photographique : ElTico