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Istres (05/08/2018) : Maxime Solera et El Rafi à hombros du Palio devant une très bonne novillada de Cuillé!...

©Daniel Chicot
©Daniel Chicot
Ce dimanche 5 août, les arènes istréennes proposaient une journée taurine pour les fêtes de la ville, avec en point d'orgue une novillada piquée. Au menu six novillos des héritiers de Philippe Cuillé pour Maxime Solera, Alejandro Adame et El Rafi.

Entame très décidé de Maxime Solera, réceptionnant son premier adversaire par tafalleras enchaînés par des gaoneras très osées. Lors de la mise en suerte, le Cuillé effectua une vuelta de campana, n'arrangeant en rien à cet animal ne débordant pas de force. C'est en toute logique que l'utrero fut économisé sur une unique rencontre peu dosée. Après un brindis à Bernard Marsella, le Cuillé confirma un manque de solidité lors des muletazos d'ouverture. Malgré ce paramètre, Maxime put profiter de la noblesse de l'utrero pour servir une tauromachie douce et élégante. Face à cet animal supérieur sur la rive droite, le fosséen comprit parfaitement les besoins de cet adversaire. Toreant à mi hauteur, laissant bien reprendre son adversaire entre chaque série, Maxime alterna les séries de bon goût sur chaque piton, faisant notamment vibrer les tendidos sur une tanda de derechazos relâchés de haute facture artistique. L'animal baissant de ton en fin de trasteo, le français arracha les derniers passages entre les cornes, à base de redondos et muletazos valeureux. A la suerte suprême, Maxime jeta la muleta au sol et s'engagea avec beaucoup de courage entre les cornes, logeant un estoconazo de verdad qui fit mouche rapidement. Deux oreilles.

Alejandro Adame montra son envie lors de la réception du second par deux largas de rodillas avant que le Cuillé ne subisse deux vueltas de campana lors des capotazos suivants. Vu ces conditions, la pique appuyée du lancier fut de trop, un léger picotazo aurait été plus adapté. Après un début de faena par statuaires, le Cuillé, aux conditions physiques limitées, montra de belles embestidas avec le museau traînant au sol. Face à cet astado, le mexicain eut du mal à trouver le bon sitio et ne fut jamais en mesure de s'entendre avec ce bon exemplaire, servant une faena en dents de scie, entachée de plusieurs enganchones. Final par manoletinas, meilleur moment de la faena... A la mort, il fut à la peine, tuant par un tiers de lame, suivi de cinq coups de verduguillo. Ovation avec Salut pour le torero et forte ovation à l'arrastre pour ce Cuillé.

Le troisième du lot eut tendance à rester court et à jouer des pitons dans le capote du Rafi.Dans un tercio de varas au résultat mitigé, le Cuillé se montra brave par deux fois, mettant bien les reins et poussant convenablement la monture. Ce premier tiers fut agrémenté par plusieurs quites du torero titulaire ainsi que du chef de lidia, El Rafi remportant à l'applaudimètre ce "duel" lors de la réalisation de zapopinas d'exécution parfaite. Début de faena tonitruant du Nîmois par cambio au centre, suivi d'une magnifique série de derechazos, les deux genoux en terre, faisant jouer instantanément la musique. A l'ultime tercio, le Cuillé chargea avec beaucoup de moteur et d'alegria, permettant au Rafi d'imprimer plusieurs passages droitiers de qualité, dont certains très inspirés. Sur la corne gauche, l'animal fut plus exigeant, demandant plus au novillero. A base d'abnégation, il parvint à trouver la bonne carburation sur ce piton, sortant de son voile des naturelles très méritantes. Le Gardois remata cet ensemble convainquant dans des terrains réduits, imprimant circulaires et luquecinas, hélas ternies par un désarmé dans les derniers instants. Épée en main, El Rafi ne laissa pas passer l'occasion et tua d'un grand coup d'épée en place, pouvant ainsi promener deux appendices dans le ruedo istréen. Vuelta posthume au novillo.

Le quatrième pour Maxime Solera fut accueilli par porta gayola mais fut changé quelques instants plus tard, après s'être cassé le piton gauche lors d'un remate au burladero. Le sobrero, marqué du même fer, fut également réceptionné par une porta gayola concluante. Au tercio de piques, le Cuillé prit une première ration sans histoire avant une seconde à regaton sur demande du novillero, acceptée par la présidence. Brindis au public. Début de troisième tiers au centre, genoux en terre, faisant jouer les accords musicaux. Face à cet utrero de bon son, supérieur à gauche, le fosséen montra qu'il n'était pas seulement un torero vaillant, mais également un novillero fin et élégant quand le bétail mettait la tête. Maîtrisant son sujet, Maxime enchaîna les séries avec beaucoup d'harmonie et de temple, culminant son labeur par d'exquises naturelles très longues et profondes, faisant descendre des tribunes des "olés" très appuyés. En fin de trasteo le novillo baissa clairement de ton, faisant perdre de l'intensité à la faena. Le français y remédia en cherchant les ultimes muletazos sur la courte voire très courte distance. Mort par recibir avec épée contraire suivi d' un coup de descabello. Oreille.

Réception capotera très variée du cinquième par Adame. Au tercio de piques, l'utrero se montra bravito sur une unique pique bien posée, avant de voir le mexicain réaliser un quite très alluré par zapopinas. Dès la première série au centre, le novillo chercha refuge aux planches. Face à cette complexité, le natif d'Aguascalientes, volontaire, se retrouva sans option de briller. Mort par deux entières atravesadas et un coup de descabello.

Le dernier de l'envoi est applaudi à sa sortie pour sa morphologie très "toro". Le novillo eut du mal à se fixer et prit une unique mais grosse ration sur le cheval de réserve. A la muleta, le novillo se montra encasté, posant son lot de complications pour en extraire le meilleur. Sous les conseils avisés de Patrick Varin, El Rafi parvint à éditer une faena ambidextre très plaisante, dans un répertoire très classique et raffiné. Hélas un échec aux aciers lui fit perdre une oreille qui lui semblait promise. Ovation avec Salut.


Arènes du Palio à Istres (13).
Dimanche 5 août à 18 heures.
Novillos des héritiers de Philippe Cuillé.
Tiers de plaza.
Temps caniculaire.
Durée : 2h45

Maxime Solera : Deux oreilles / Oreille après avis
Alejandro Adame : Ovation avec Salut après avis /Silence après avis.
El Rafi : Deux oreilles / Ovation avec Salut après avis.

Le trophée Pierre Pouly fut attribué à Maxime Solera.
Sortie à hombros de Maxime Solera, El Rafi et du ganadero.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : Daniel Chicot