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Parentis (05/08/2018 - tarde) : Juan Carlos Carballo, novillero à revoir...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
La seconde novillada de la Féria de Parentis 2018 est allée à menos. Très bien commencée par un bon novillo de Couto de Fornilhos et une très belle faena de Carballo, elle a sombré dans l’ennui au fur et à mesure que se confirmaient le manque de forces des Santa Teresa et l’absence de pouvoir pour Mejias et de vouloir pour Aranda quand il s’est agi de toréer les novillos de Couto de Fornilhos.

Même si ce sont les circonstances qui ont conduit les organisateurs à faire appel à ces deux ganaderias pour leur novillada dominicale, l’idée est bonne. En plus de présenter deux encastes différentes, elle nous préserve de supporter six exemplaires d’une même ganaderia faibles ou décastés.
Rien à redire côté présentation, les six utreros avaient du trapio, de la tête. Ils n’auraient pas déparés bien des corridas. Des deux fers, c’est le portugais qui a fourni les novillos les plus intéressants. Le premier Couto a été très bien exploité par Carballo. Mejias a appris en quelques muletazos les mauvaises manières à son premier et Aranda a fait assassiner à la pique le plus costaud et charpenté de l’après-midi. Les trois Santa Teresa sont sortis faibles Après des tercios de piques honnêtes, ils sont très vite allés à menos. Celui de Carballo a du être puntillé sans avoir été estoqué.

Le premier (Couto de Fornilhos) est reçu avec beaucoup d’élégance et d’efficacité par Juan Carlos Carballo. Le novillero, qui reprenait après une longue interruption due à une très grave blessure à Madrid, avait à cœur de remercier l’ADA Parentis de sa confiance et du respect des engagements pris, il y a deux ans. Il va faire l’effort de bien mettre en suerte le novillo face au cheval. Celui-ci prend trois piques partant de plus en plus loin, désarçonnant même le cavalier à la dernière. Le piquero est applaudi à sa sortie. Le toro a de la caste, il met en danger les banderilleros à chaque fois qu’ils posent une paire de palos. Après avoir brindé à Serge Villetort de l’ADA, Carballo enchaîne de très belles séries de derechazos, donnés avec beaucoup de sincérité. Toujours en se croisant, il toréé parfois de face. C’est un régal pour le public présent sur les gradins. Il pèse réellement sur le novillo qu’il aguante et soutient quand celui-ci marque le pas et ralentit sa charge. Dommage que le Couto de Fornilhos ait laissé de l’énergie au premier tiers. Noble, encasté, il lui a manqué de la force pour être un grand toro et durer plus lors de la faena. N’empêche que la faena valait à elle seule de faire le déplacement, les deux jours, dans la cité landaise. Le toreo de Cacérès coupe une oreille largement méritée après une quasi entière en place et rapide d’effet. Le novillo est ovationné à l’arrastre. La vuelta du torero est chaleureusement fêtée.

Le second (Santa Teresa) est fuyard. Carlos Aranda le fixe avec efficacité en quelques capotazos. Le novillo est bravito mais il est très mal piqué. Le piquero est sifflé après trois piques sur le côté ou vraiment traseras. Juste de forces, le bicho subit le contrecoup de ce mauvais premier tiers. Carlos Aranda commence sa faena par une bonne première série de derechazos. Très vite, fuera de cacho, il toréé de façon marginale et sans montrer une grande motivation. Le novillo s’éteint rapidement et la faena va à menos. Le novillero de Daimiel tue sans s’engager et mal.

Sorti des qualifications matinales, Jesus Mejias a du mal à fixer le troisième (Couto de Fornilhos). Le novillo prend une première pique sans avoir été mis en suerte en poussant. Bien mis en suerte et bien cité par le piquero, le bicho sort seul des deux suivantes. Le piquero est applaudi. A la demande du public, Mejias prend les palos pour poser trois paires dont un bon quiebro à la dernière. Le garçon manque de métier. Son adversaire a une charge violente dont il ne sait pas se dépêtrer. Hésitant, ayant du mal à trouver le bon sitio et le bon rythme, Mejias se fait déborder par son utrero et finit par lui apprendre tout ce qu’il ne devait pas savoir. Il tue d’une entière trasera, heureusement pour lui rapide d’effet.

Très attendu après sa première faena, Carballo reçoit un joli exemplaire de Santa Teresa. Le novillo montre des signes de faiblesse dès les premiers capotazos. Les deux piques mal placées qu’il prend en poussant sans conviction ne vont pas l’arranger. Il arrive affaibli au troisième tiers. Carballo essaie de le toréer à mi hauteur mais le bicho tombe une première fois. Relevé avec difficultés, il tombe à la série suivante. Incapable de se relever, il est puntillé. Grosse déception pour le public et surtout le jeune novillero qui avait l’envie et les capacités de triompher. Ce n’est que partie remise, Juan Carlos a des qualités qui devraient attirer l’attention des organisateurs en particulier en Espagne où les novilladas vont s’enchaîner jusqu’à fin Septembre.

Le cinquième est un superbe novillo quasi toro avec du trapio et une armure impressionnante. Carlos Aranda va le faire assassiner par son piquero. Le groupe équestre chute lors de la première rencontre. Les cuadrillas n’arrivent pas à tenir le toro loin du cheval que l’équipe d’Alain Bonijol est en train de relever. Le Couto de Fornilhos bouscule et coince, miraculeusement sans mal, Claude le sympathique monosabio qui vit sa passion de la corrida au service de la cuadra de caballos d’Alain. Bronca pour le picador, mais le mal est fait et le toro est complètement éteint quand arrive le troisième tiers. Silence poli pour le toreo après une faena sans intérêt et une mise à mort laborieuse.

Le sixième est un joli Santa Teresa, juste de forces qu'une spectaculaire vuelta de campana va amoindrir encore. Mathieu Guillon supplée son torero qui a de grosses difficultés à lidier le novillo au premier tiers. Le piquero est applaudi pour ne pas avoir trop piqué (sic) De la faena, on retiendra que le novillero l’a faite avec la montera sur la tête à la manière d’Espla. La comparaison s’arrête là car le toro s’est très vite éteint et le novillero a mal tué.

Juan Carlos Carballo est ovationné quand il quitte le ruedo après avoir donné envie aux aficionados présents de le revoir rapidement.

Fiche technique
Arènes de Parentis, deuxième novillada de la Feria de San Bertomiu 2018
Trois novillos de Couto de Fornilhos (1,3, 5), et trois de Santa Teresa (2, 4,6), le quatrième puntillé sans avoir été estoqué, pour :

Juan Carlos Carballo : une oreille au seul qu’il a tué
Carlos Aranda : silence, un avis et silence
Jesus Mejias : silence, un avis et silence

Dix sept piques, une chute et un picador désarçonné
Cavalerie Bonijol
Cogida sans gravité pour Claude, un des monosabios
Président : Bernard Sicet
Demi-arène
La canicule est encore là

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour