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Palazon : " Je viens en France pour triompher et gagner les contrats"...

b_250_200_16777215_10_images_actualites_2019_Mars_Visuel_Palazon_01032019.jpgAprès deux années d'absence suite à une grave maladie, Francisco José Palazon a fait son retour dans les ruedos à Alicante en juin 2018. Ce dimanche, à Gimeaux, il sera au paseo de la traditionnelle fiesta campera de début de temporada.

Il sera également en piste lors du desafio Concha y Sierra / Marquis d' Albaserrada durant la feria alésienne. Rencontre avec un torero qui a encore une belle page à écrire.


Corridafrance : Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, peux tu te présenter?
F.J.Palazon : J'ai trente sept ans. Je suis matador de toros depuis deux mille quatre, originaire d' Alicante. Depuis petit, j'ai toujours été attiré par la tauromachie. Mon père, qui fut novillero sans picador, m'amenait voir des corridas dès mon plus jeune âge. J'ai vécu de très grands moments durant ma période novilleril, mais comme beaucoup, après l'alternative, ce fut plus compliqué en terme de contrats.

Corridafrance : Justement revenons à cette période faste de novillero....
F.J.Palazon : Ce sont de très bons souvenirs. Surtout en deux mille deux. L'année suivante fut une année remplie de contrats, avec pratiquement quarante novilladas, mais marquée par trois coups de cornes qui m'ont empêché d'apprécier pleinement cette saison là.

Corridafrance : En 2004, tu prends ton alternative dans ta ville, à Alicante, avec un cartelazo réunissant deux autres alicantins, Manzanares père et fils...
F.J.Palazon : Mon alternative fut un rêve éveillé. Des arènes pleines, la télévision, un cartel de luxe, c'était la première fois que Manzanares père et fils toréaient ensemble. Face à mon toro de doctorat, je triomphe avec la manière. Je ne pouvais rêver mieux ce jour là. Un grand jour d'aficion.

Corridafrance : Alors que tu étais promis à un bel avenir, les contrats après l'alternative n'ont pas suivi. Comment expliques tu ce coup de frein dans ta carrière ?
F.J.Palazon : Le changement d'apoderado est sûrement l'une des causes et d'autres facteurs que nous ne pouvons hélas maîtriser. La temporada 2005 devait être celle de mon envol mais ce ne fut le cas. La gestion de ma carrière par mon nouvel apoderado n'a pas été bonne et malgré les bons résultats dans les ruedos, le nombre de contrats n'a pas été à la hauteur de mes espérances.

Corridafrance : Parlons de ton actualité avec ce retour en terres françaises, dimanche, dans la placita de Gimeaux...
F.J.Palazon : Sincèrement, c'est un rêve de pouvoir revenir en France. Cette fiesta campera de Gimeaux me donne beaucoup d'illusions et je remercie le club taurin "Lou Fourmigo" de me laisser cette opportunité. J'espère que ce sera un grand jour, que l'aficion appréciera mon toreo et que ça leur donnera envie de venir me revoir à la Feria d'Alès.

Corridafrance : Peut on dire que ta programmation à la Feria d'Alès pourrait marquer un tournant dans ta carrière?
F.J.Palazon : Oui totalement. Alès est mon passeport pour la France taurine. Dans votre pays, les triomphes et les bonnes prestations sont valorisées. Les organisateurs français répètent ceux qui le méritent et pour moi c'est une grosse carte à jouer. J'ai beaucoup d'espérances et d'illusions pour ce jour là.

Corridafrance : Que t'inspire ce cartel?
F.J.Palazon : La corrida me plait beaucoup, autant les Concha y Sierra que les toros du Marquis d' Albaserrada. Ils sont forts et irréprochables de présentation et c'est ce que les aficionados aiment voir dans leurs arènes. Avec mes compañeros de cartel, que j'apprécie beaucoup, il y aura une belle competencia. Je ferai tout pour laisser une grande impression et rentrer dans les coeur de l'aficion tricolore. Je ne pense qu'au triomphe!

Corridafrance : A Alès, tu auras à faire à deux encastes très différents. Dans tout le panel que peux offrir le ganado bravo, y en a t'il un ou tu te sentes le mieux?
F.J.Palazon : Tous les encastes peuvent te permettre de te sentir à gusto et de couper les oreilles. J'aimerais vivre une carrière riche en contrats et affronter tout type d'encastes. Je pense en avoir les capacités. J'ai pu toréer des Adolfos, Domecq, La Quinta, Cebada et souvent j'ai connu de grands triomphes.

Corridafrance : Justement en parlant de triomphes, si on retrace ta carrière, on se rend compte que malgré le peu de contrats, tu as connu de très grands succès, que ça soit au côté des Manzanares, José Tomas, Morante et beaucoup d'autres. N' y a t'il pas un sentiment d' injustice?
F.J.Palazon : Non je ne le vois pas comme ça. Le système est comme il est. Désormais j'ai une belle opportunité avec ces contrats en France et croyez moi, je viens pour triompher et me gagner les contrats. Je le répète encore mais c'est un rêve d'être annoncé en France.

Corridafrance : La France est souvent une terre de résurrection pour les toreros. Je pense entre autre à Emilio De Justo ou Octavio Chacon...
F.J.Palazon : La France taurine est extraordinaire et cela reste un exemple à suivre pour beaucoup d'aficionados espagnols. Les organisateurs n'hésitent pas vous mettre au cartel s'ils voient que vous en valez la peine et que vous méritez d'avoir votre chance, alors de l'autre côté des Pyrénées le système est différent.... Chez vous, le "toro" et le tercio de piques sont vraiment respectés. On se rend vite compte que les français ont une vraie culture taurine avec beaucoup de sensibilité. Lors de la présentation de la Feria d'Alès, j'ai été agréablement surpris par la facilité avec laquelle les gens sont venus me parler et partager leur aficion. Ça a été un beau moment d'échanges.

Corridafrance : Durant ta carrière, y a t'il un torero qui t'a impressionné?
F.J.Palazon : J'ai partagé le cartel avec quasiment toutes les figuras actuelles. Mais je ne peux en citer un en particulier, cela serait réducteur. Ils sont tous de grands toreros et j'ai beaucoup d'admiration et de respect envers eux.

Corridafrance : Comment se passe une journée type avec toi ?
F.J Palazon : Je vis en torero. Il n' y a pas d'autre chemin pour y arriver et faire bouger les choses. Je me prépare chaque jour comme si demain j'allais toreer. Entraînement physique et toreo de salon sont mon quotidien. Je participe à des tentaderos dès que j' en ai l'occasion, se confronter à des bêtes est primordial.

Corridafrance : Pour t'avoir vu tienter chez Valverde, y a une dizaine de jours, on remarque de suite beaucoup de personnalité dans ton toreo. Comment définirais tu ta tauromachie?
F.J.Palazon : Ceux qui peuvent le mieux en parler ce sont les aficionados qui me voient toréer. Mais je dirais que je suis un torero dans un style classique, essayant de privilégier la qualité à la quantité de muletazos.

Corridafrance : Hormis Gimeaux et la corrida d'Alès, y a t'il d autres contrats qui devraient arriver?
F.J.Palazon : J'espère être annoncé à la feria de Hogueras à Alicante. L'année dernière, pour mon retour dans les ruedos après ma longue maladie, j'ai coupé une oreille de poids donc j'ai espoir d'y revenir. Il y a des discussions pour Madrid mais toute la suite de ma saison pourrait vraiment s'accélérer si mes contrats en France se passent bien. Les répercussions peuvent être très importantes!

Corridafrance : Que pouvons nous te souhaiter?
F.J.Palazon : Avant tout la santé. Je m'en rends encore plus compte après ma grave maladie. Côté tauromachique, que tout se passe bien, que nous fassions la même interview en fin de temporada pour parler d'une saison réussie, riche en contrats et en triomphes.

C.F : Nous te souhaitons beaucoup de suerte pour cette temporada!
F.J.Palazon : Merci à vous et je donne rendez vous à l'aficion française dès dimanche à Gimeaux

Propos recueillis par Alexandre Guglielmet