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Nîmes (09/06/2019 - tarde) : Les Juan-Pedro's gâchent le duel...

©ElTico
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C'est sur un résultat statistique bien mince que nos deux duellistes dominicaux se sont quittés ce soir : Une oreille chacun et peu d'occasions de s'exprimer face à un lot de Juan Pedro Domecq très décevant.

Les choses avaient pourtant si bien commencé : Des arènes affichant le "no hay billetes", ce qui n'était pas arrivé depuis fort longtemps et une ambiance des grands jours, ressemblant un peu au chaudron qui attendait Jose Tomas un matin de septembre, il y aura bientôt sept ans. Le soleil en moins... La suite, on allait la connaître très rapidement avec un premier exemplaire affichant un manque de transmission qui se généralisera pour ses suivants, à l'exception du joli jabonero sorti troisième qui fera illusion un peu plus longtemps que les autres. Du coup, la competencia qui avait commencé à poindre lors d'un échange de quites au premier s'étiola. Et c'est à un duel à fleurets mouchetés que se livrèrent les deux Maestros, avec notamment un quite al alimon fort sympathique au troisième, initié par le biterrois et un brindis du péruvien à son aîmé au dernier de l'envoi.
Et une désagréable impression de rendez-vous manqué...

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Sébastien Castella salua par delantales le premier de la tarde, ponctuant par une média bien dessinée. A la demande du maestro, Juan Melgar ne piqua que très légèrement le Juan Pedro par deux fois. A l'issue de ce tercio, la competencia fut lancée. Roca Rey partit au quite par chicuelinas et tafalleras, réponse aussitôt du français par tafalleras et cordobinas. Face à un toro doté de noblesse mais manquant de transmission, le bitterois trouva rapidement le bon sitio, réalisant une faena parfaitement construite à base de temple et d'aisance, de meilleure note sur la zurda. Le bicho baissant de pied en fin de combat, Castella lui arracha les derniers passages sur la courte distance, asseyant ainsi un peu plus sa domination et impactant sur le public. Naturelles finales de résultat mitigé avant une entière légèrement de côté. Petition d'oreille non accordée par la présidence sous une belle bronca. Vuelta après avis.

Le second, dévolu à Andres Roca Rey, montra des signes de justesse de force lors du capoteo de salida du péruvien. En toute logique, le Juan Pedro ne reçut que deux légères piqûres. Quite du français par chicuelinas confirmant ce manque de solidité chez le quadrupède. Face à un animal sans ressource et visiblement diminué par un problème à l'antérieur gauche, Roca Rey tenta sur les deux bords mais dut se résoudre à abréger cette triste confrontation. Mort rapide en deux assauts. Silence.

Le troisième, un joli jabonero, fut accueilli par veroniques avant que Castella ne le conduise au groupe équestre pour deux rations dont l'initiale prise en bravito. Somptueux quite al alimon entre les deux protagonistes du jour, faisant lever la foule. José Chacon salua après deux paires de catégorie. Brindis à Gérard Jugnot, présent dans le callejon. Entame magistrale de Sébastien Castella, les deux genoux en terre, plein centre, enchaînant des derechazos templés de grande qualité, déclenchant ainsi la musique. Après deux séries de belle facture sur la rive droite, le Juan Pedro s'éteignit aussi sec, ne laissant que peu d' options au français. Mort par lame trasera entière faisant vaciller rapidement l'astado et délivrant une oreille de compensation du palco présidentiel.

Roca Rey frôla la correctionnelle sur une larga de rodillas avant de tracer veroniques et gaoneras communicatives. Le bicho prit la première ration sur le cheval de réserve, la seconde fut quant à elle homéopathique. Après un brindis à l'assemblée, le péruvien initia sa faena à genoux, le long des planches, rematant par une passe du mépris en regardant les tendidos. A la muleta, le Juan Pedro, maniable mais sans transmission, permit à Roca Rey, volontaire, d'imprimer un trasteo ambidextre plaisant et intelligent agrémenté de passes dans le dos , martinete, redondos. Final par une démonstration de poder entre les pitons, ponctué par une passe de pecho en regardant un public visiblement emballé par cette prestation. Mort par épée de côté, d'effet rapide. Oreille.

Castella réceptionna le cinquième par veroniques et chicuelinas. Face à la cavalerie, l'astado prit deux piques sans peine ni gloire avant que le protégé de Simon Casas n'imprime un quite par saltilleras de bon goût. Rafael Viotti salua après deux bonnes paires de palos, posées avec brio et efficacité. Début de troisième tiers par cambios millimétrés, centre de piste, trouvant naturellement écho sur les travées. Devant composer avec un Juan Pedro de piètre qualité, Castella tenta de construire une faena mais les mauvaises dispositions de son opposant ne lui laissèrent aucune chance de briller. Épée légèrement de côté, efficace rapidement. Silence.

Roca Rey soigna le réception de l'ultime par veroniques ajustées. Absence de lidia sur une première rencontre très courte et peu dosée avant une seconde pour la forme. Brindis du péruvien à son compañero de cartel. Début de trasteo décidé par muletazos de rodillas le long des tablas. Face à un exemplaire fade et sans race, Roca Rey essaya sur les deux pitons sans succès, abrégeant logiquement ce pseudo combat. Entière de clôture et de délivrance. Silence.


Arènes de Nîmes (30)
Dimanche 9 juin 2019 , à 18h.
6 Toros de Juan Pedro Domecq
Poids : 503 , 512 , 514 , 533 , 516 , 532.
Durée : 2h30
Temps variable
Présidence : M.Plantier / M.Vallet / M.Galtier
No hay billetes

Sébastien Castella : Vuelta après avis / Oreille / Silence
Andres Roca Rey : Silence / Oreille après avis / Silence

A l'initiative du public, les deux maestros ont salué après le paseo.
Jeremy Banti officiait en tant que sobresaliente.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico