Pamplona (05/07/2019) : Intéressant lot de Pîncha et sortie à hombros de Diego San Roman...

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©Nicolas Couffignal
©Nicolas Couffignal
Calme avant la tempête, Pampelune se prépare à vivre la folie des San Fermines. Les rues sont encore praticables et les arènes bien garnies mais encore calmes pour la novillada piquée d’ouverture.

Comme l’an passé, c’est la ganaderia de Pincha qui a fourni les utreros de cette première course de la Féria 2019.
Très bien présentés avec un promedio de 450 Kg, des morphologies de toros, les pupilles de la famille Baigorri ont eu des comportements variés mais toujours intéressants. D’où une novillada entretenue avec en point d’orgue l’excellent troisième, honoré d’une vuelta al ruedo, qui a eu la chance de rencontrer un Diego San Roman inspiré.


Francisco de Manuel qui avait triomphé en 2018, a déçu. Son premier novillo est bien reçu à la cape. Mal mis en suerte, il prend, en poussant, une pique trop forte dont il se ressentira par la suite. Il pousse encore à la seconde rencontre. A la muleta, le Pincha a une charge courte et il envoie la tête en sortie de passes. De Manuel ne trouvera jamais le sitio. Il ne conduit pas la charge, relève la muleta à mi passe et accentue ainsi les défauts du toro au lieu de les corriger. Silence après deux pinchazos et une entière basse mais efficace.
Le second renverse le groupe équestre à la première rencontre. Il prend un second puyazo, pour une fois bien placé, en poussant. A un très bon quite de San Roman, Antonio Grande répond par une série de passes moins assurées. Le novillo est un manso con casta qui a tendance à se défendre si on ne le toréé pas avec autorité. Antonio Grande est court techniquement et est vite débordé par ce novillo encasté qui demandait des mains plus expertes. D’une faena brouillonne et en dessous du potentiel du Pincha, on retiendra une série à gauche et deux passes à droite. Silence pour le torero après une entière trasera et tombée, ovation pour l’arrastre.
Le troisième est reçu avec élégance par Diego San Roman. Il prend une première pique forte et carioquée en poussant et une seconde plus légère. Dommage que Tito Sandoval ait été peu inspiré et nous ait privé du tercio de piques que la bravoure du novillo permettait. A la muleta, le bicho est excellent. Très encasté, il charge avec noblesse et alegria. Le jeune mexicain a beaucoup progressé après ses débuts difficiles en non piquée dans le Sud-Ouest. Il toréé avec beaucoup de sincérité, de variété et d’élégance. Sa rencontre avec l’excellent Ofuscado donne une faena avec de la vibration et des détails, en particulier des enchaînements derechazos, changement de mains, naturelles et pecho superbes. La faena, au niveau de la classe du bicho qui va à mas, porte sur l’animal et sur le public. Deux oreilles pour le torero et vuelta très applaudie pour le novillo.
Le quatrième est le plus lourd de l’envoi. Mal mis en suerte et mal piqué, il ne peut pas exprimer le fond de bravoure qu’il a en lui. Avec la muleta, il est toréé sur le voyage, de façon mécanique, sans transmission par un De Manuel qui abuse du pico et ne profite pas de son excellente corne droite. Final trémendiste qui ne porte pas sur le public. Echec au descabello et silence pour le torero qui est passé à côté d’un toro qui offrait des possibilités.
Le cinquième est faible. Il désarçonne le piquero à la première rencontre et pousse à la seconde, laissant sous le fer le peu de forces qu’il avait. Au troisième tiers, il est noble mais a du mal à charger et chute à plusieurs reprises. Antonio Grande opte pour une tauromachie trémendiste et pueblerina qui porte sur le public. Il continue à faire des passes à un toro qui n’avance plus. On s’ennuie, la faena est insipide et trop longue mais le torero salue après une entière très en avant mais efficace.
Le sixième est un joli castaño qui prend deux très bonnes piques (là où elles doivent être placées, piquero Miguel Angel Muñoz), mais le toro s’endort sous le fer ; Le novillo manque de fond. Il a peu de charge, se décompose et s’éteint assez rapidement. San Roman essaie mais il n’y a pas grand-chose à faire. Silence après trois pinchazos et une entière.

Après cet intéressant lot, on verra un exemplaire de la Ganaderia Pincha à la concours de Saint Perdon, ainsi qu’un lot à Peralta et un à Lodosa.

Fiche technique :
Arènes de Pamplona : novillada piquée des San Fermines 2019
6 novillos de Pincha pour
Francisco de Manuel : silence, un avis et silence
Antonio Grande : silence, salut au tiers
Diego San Roman : deux oreilles, un avis et silence
Douze piques, une chute et un piquero désarçonné
Demi-arène
Température douce et agréable


Thierry Reboul