Eauze (06/07/2019 - tarde) : Corrida décevante du Camino de Santiago...

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Eauze 2019
Eauze 2019
Il est des moments difficiles dans la vie d’un ganadero. On investit des heures de travail, on se prend à espérer que la corrida qui quitte le campo pour une arène sera la grande course dont ganadero, toreros et aficionados rêvent. Et puis, c’est l’échec.

Au fur et à mesure de la course, tous les toros sont tous aussi faibles, décastés et manquant de race. Vous vivez en réalité réelle, le pire des cauchemars. C’est ce qu’a vécu Jean Louis Darré ce samedi à Eauze. Les six toros du Camino de Santiago sont sortis avec vivacité du toril, ont pris une pique sans grand style puis se sont décomposés et éteints dès les premiers muletazos. Jean Louis est un travailleur acharné et passionné, il sait qu’il a un gros problème à résoudre avec cette corrida qui succède à une novillada montoise, elle aussi décastée. Heureusement que les lots sortis en Espagne l’an passé sont là pour préserver son moral.
Respectons sa déception. Du travail l’attend, d’autant que l’élevage de toros n’est pas une science exacte. Il garde notre confiance. Face à des toros vite éteints les trois toreros ont essayé mais n’ont pas pu faire grand-chose.

El Fandi accueille le premier, un joli castaño par une larga de rodillas. Comme le feront les cinq suivants, il met bien la tête dans la cape et semble noble. Hélas comme les cinq suivants, il donne très rapidement des signes de faiblesse. Il prend un seul puyazo en poussant puis en se défendant au contact du fer. Le public est venu voir banderiller El Fandi. Comme d’habitude le torero de Grenade excelle palos en main même s’il est gêné par la faiblesse du toro. Le Camino fléchit à plusieurs reprises et a une charge courte. El Fandi débute sa faena à droite .Sur cette corne, le bicho s’éteint au bout de deux séries. La troisième est une tentative à gauche. Mais le toro est parado. Complètement éteint, il ne charge plus. Le torero abrège.

Le second est à la fois abanto et suelto. Il prend un puyazo léger sans s’investir et tombe en sortant des piques. Joaquin Galdos commence sa faena à droite. Il toréé à mi hauteur pour compenser le manque de forces du toro. Peine perdue à la troisième série, le toro ne charge plus et le péruvien n’a plus qu’à abréger les débats.

Eauze est la première corrida pour Adrien Salenc après son alternative. Il est donc venu dans le Gers motivé. Le troisième Camino prend une pique sans s’investir. Le toro est noble mais juste de forces. Le jeune torero va tout faire pour donner du relief à une faena débutée par des molinetes. C’est plus souvent le torero qui fait la passe que le toro qui passe. Comme les deux précédents le bicho s’éteint rapidement. Salut pour le torero pour récompenser son envie de bien faire.

Le quatrième prend lui un seul puyazo. El Fandi le banderille avec son talent et son efficacité habituelle. Comme Adrien, il essaie de donner du relief à la faena. Il torée dans un terrain réduit, à mi hauteur et utilise les « trucs » qui fonctionnent bien dans les corridas de pueblos. Tout cela procède d’une bonne intention mais sonne creux car le Camino s’éteint lui aussi très rapidement. Le Fandi salue après un tiers de lame et un descabello.

Le cinquième manque de charge dès son entrée en piste. Il est économisé à la pique. Galdos débute sa faena à mi hauteur, toréant en douceur pour préserver son toro. Peines perdues, le toro s’éteint à la troisième série et le péruvien doit lui aussi abréger. La mise à mort est très laborieuse.

Le dernier est lui aussi économisé à la pique. Adrien Salenc, toujours aussi motivé, commence sa faena par des aidées par le haut. Il tente même de citer le toro de loin. Le Camino est noble, il vient mais tombe à mi passe. Il suit la muleta au pas puis devient parado à la suivante. Complètement éteint, il ne répond plus aux sollicitations du torero. Adrien conclut sa faena par deux pinchazos et une entière efficace, silence.

Fiche technique
Arènes d’Eauze : corrida des Fêtes 2019
Six toros du Camino de Santiago faibles et manquant de fond et de race pour :

El Fandi : silence, salut
Joaquim Galdos : silence, silence
Adrien Salenc : un avis et salut, un avis et silence

Sis piques, cavalerie Heyral
Président : Jean Michel Lattes
Un tiers d’arène
Soleil et chaleur d’été andalou

Thierry Reboul