Tarascon (07/07/2019) : Tibo Garcia remporte le prix "Nimeño II", au meilleur novillero...

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Cette novillada Tarasconnaise aurait dû, en toute logique, se terminer par la sortie a hombros des trois novilleros en lice. Le lot d'utreros envoyé par Roland et Rafi Durand, dont le quatrième exemplaire a été récompensé d'une vuelta al ruedo posthume, aurait dû laisser un montón d'oreilles sur le sable de la cité de la Tarasque.

Mais comme cette dernière qui, selon la légende, hantait les marais alentours, la mala suerte planaît sur le ruedo et les aciers ne furent pas aussi efficaces qu'il l'aurait fallu, limitant le nombre de trophées à deux, un pour le local Tibo Garcia et l'autre pour Maxime Solera. Le franco-méxicain "El Galo" repart les mains vides mais aura laissé une belle impression de par l'originalité de son toreo et sa personnalité affirmée. Les cigales chantent toujours aussi fort sous les platanes de la sympathique plaza Tarasconnaise, qui fétaît aujourd'hui les trente ans du retour de la tradition taurine espagnole de ce côté-ci du Rhône.

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Tibo Garcia réceptionna le premier de la tarde par veroniques discrètes suivies par de douces chicuelinas. Le Durand prit une seule pique, poussant par intermittence sous le fer avant de voir le novillero dédier son combat à Arnaud Agnel, présent en callejon. Face à un adversaire collaborateur, aux charges de qualité sur tribord, le français trouva de suite le sitio idoine, traçant ainsi deux longues séries de derechazos templés, faisant logiquement jouer les accords musicaux. Prenant la rive gauche, Tibo mit plus de temps à dénicher le bon rythme, parvenant à le trouver lors d'une seconde série de naturelles, avec quelques passages isolés à gusto. Fin de trasteo par une dernière tanda de derechazos léchés et un enchaînement de redondos. Mort par entière libérant logiquement un trophée du palco. Oreille.

Maxime Solera accueillit son premier novillo de façon originale et osée, par des gaoneras plein centre entrecoupées par une voltereta sans conséquence. Ce bicho distrait, serrant sur le piton droit, se montra violent sous le fer d'un picador maladroit. El Galo partit au quite par tafalleras, frôlant la correctionnelle sur la corne droite. Brindis du fosséen à son frère, Rafael Solera, débutant ensuite sa faena avec détermination par des muletazos les deux genoux en terre, impactant sur le public. Face à un animal aux charges pas toujours claires sur tribord, Maxime Solera ne recula jamais ses zapatillas d'un centimètre, toreant sur la rive droite avec volonté et poder, allant jusqu'à l' accrochage. Sur la pendante, le Durand n'offrit aucune possibilité au protégé d'Enrique Guillen, l'obligeant à reprendre rapidement la main droite. A base d'abnégation, il arracha encore quelques muletazos méritoires à un exemplaire devenant de plus en plus impossible. Mort maladroite en deux assauts lui enlevant l'espoir de promener un appendice. Vuelta.

El Galo conduisit son premier opposant par d'agréables veroniques jusqu'au centre du ruedo. Après un tercio de varas où ce novillo mobile se montra bravito, le chef de lidia du jour édita un quite enlevé par un mélange de saltilleras, gaoneras et capote por la espalda. Posant lui même les palos, le franco mexicain écouta une ovation à l'issue de ce tiers ponctué par une paire al violin. Brindis à Roland Durand. Malgré un trasteo en manque de fil conducteur et d'intensité inégale, El Galo réalisa une faena enthousiaste et variée qui trouva écho dans les travées. Les meilleures séquences furent dessinées sur le piton gauche, servant quelques naturelles relâchées et à gusto. Poncinas allurées et passes aidées par le haut en guise de conclusion d'un labeur rematé en plusieurs temps. Ovation avec Salut.

Le quatrième, de présentation supérieure à ses frères, fut salué par un capoteo plaisant de Tibo Garcia. Face à la cavalerie, le Durand se montra brave sous le châtiment par deux fois, mettant les reins et poussant le groupe équestre. Bénéficiant des embestidas intéressantes et vibrantes de ce novillo, Tibo ne laissa pas passer l'opportunité de briller. Dans un registre classique, il livra une partition ambidextre plaisante. En fin de combat, cette faena prit une dimension supplémentaire lorsque Tibo dessina deux tandas de haute facture, composées de derechazos harmonieux et parfaitement templés faisant naturellement résonner les tendidos. Seul bémol de ce combat, les ultimes échanges furent heurtés et irréguliers, faisant redescendre la belle intensité qu'avait atteint ce trasteo. Manoletinas finales avant une mort en quatre tentatives, lui fermant ainsi la grande porte de la plaza tarasconnaise. Ovation avec Salut. Vuelta au novillo.

Maxime Solera montra toujours autant d'envie en réceptionnant son second adversaire par cinq farols de rodillas, pour le plus grand plaisir des présents. Au premier tercio, ce sérieux novillo reçut deux piques dont la seconde en faisant chuter le lancier lors d'un contact brutal. Devant un utrero à la belle mobilité mais présentant son lot de complications, Maxime Solera montra, comme à son habitude, un visage conquérant. Ce dernier servit une faena entretenue et convaincante, tirant de cet exemplaire tout ce qu'il avait à donner. Le couteau entre les dents, le fosséen alterna les séries valeureuses avec abnégation et maturité, le tout en musique. Oreille après une épée entière un poil de côté.

Le dernier de la tarde, accueilli originalement par chicuelinas, prit une dose de châtiment rectifiée, poussant convenablement la monture. El Galo invita David Adalid, présent dans sa cuadrilla, à partager ce tercio de banderilles. Brindis au maire de la ville ainsi qu'à Stéphane Fernandez Meca, parrain de cette édition. Face à un Durand maniable mais tardo, El Galo sortit de son voile quelques muletazos de bonne composition mais trop isolés pour que l'ensemble ne monte en relief. Bernardinas finales millimétrées avant de loger une lame entière suivie de trois coups de verdugo non efficaces, le Durand se couchant de lui même. Ovation avec Salut.


Arènes municipales de Tarascon (13)
Dimanche 7 juillet 2019 à 17h
5ème Feria de la Jouvenço
6 Novillos de Roland et Rafi Durand (Miranda de Pericalvo)
Temps incertain et chaud
Durée : 2h37
3/4 de plaza

T.Garcia : Oreille / Ovation avec Salut
M.Solera : Vuelta / Oreille
El Galo : Ovation avec Salut après deux avis / Ovation avec Salut après deux avis

Le prix "Nimeño II" , au meilleur novillero , a été attribué à Tibo Garcia.
Roland et Rafi Durand ont salué à l'issue de la novillada.
Une minute de silence fut observée à la fin du paseo en hommage aux professionnels et aficionados disparus.
Tibo Garcia effectuait son dernier paseo dans cette catégorie.
Cette édition marquait 30 ans de traditions taurines à Tarascon.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico