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Mont de Marsan (19/07/2019 - tarde) : Les Luis Algarra déçoivent...

©Matthieu Saubion
©Matthieu Saubion
Triste après-midi aux arènes du Plumaçon, il a fallu attendre le sixième Luis Algarra pour voir un toro qui se comporte avec un minimum de race et de caste. Les cinq premières arrastres ont été sifflées.

Rien à dire sur la présentation et les armures mais au fade premier ont succédé quatre toros sans force, sans race et sans caste.

Le premier, juste de forces, est peu piqué. Il est bien banderillé par Rafael Viotti qui salue. Le toro est noble. Sébastien Castella enchaîne quatre séries des deux mains avec quelques adorños (changement de main et pecho entre autres). C'est bien fait car le torero a du métier et du talent. A partir de la cinquième série, la fadeur du toro rend l'ensemble répétitif et lassant. La faena est trop longue et perd en intensité. Elle est conclue par une entière basse et efficace et Castella coupe une oreille. Sifflets pour le toro.

Le second est un joli sardo. Il prend une grosse pique en poussant et s'endort sous le fer à la seconde. Le toro est faible et a peu de charge. Cayetano le toréé sur le voyage et fuera de cacho. Après quatre séries, le toro s'éteint. La faena, qui va à menos, se termine par une entière en avant. Silence pour le torero, sifflets pour le toro.

Le troisième n'est pas très franc dès les premiers capotazos. Bien piqué, il se défend sous le fer et manque de renverser le cheval à la seconde. Alvaro Lorenzo est un bon torero. Il s'applique en début de faena, essaie de tirer quelques muletazos sur les deux cornes. Le toro est fade et il s'éteint à la troisième série. Le torero essaie quelques redondos mais le toro ne permet plus rien. Deux pinchazos, une entière et un puntillero qui relève le toro font une mort laborieuse. Silence pour le torero et sifflet pour le toro.

Le quatrième montre dès sa sortie en piste qu'il n'a ni caste, ni race. Il prend trois puyazos sans pousser. Sébastien Castella commence la faena par des cambiadas. Avec métier et respect de son engagement, le français essaie de tirer quelques muletazos d'un Luis Algarra qui ne permet pas grand chose. Comme les précédents, le toro va à très vite à menos et s'éteint après la troisième série. Le reste de la faena, sur un terrain réduit, ne transmet pas grand chose, la non collaboration du bicho ayant vite raison de la motivation du torero et du public. Sébastien salue après une bonne estocade engagée et efficace. Salut qui exprime la déception d'un torero qui voulait triompher et celle d'un public qui voulait le voir triompher.

Certains faisaient référence au vieil adage concernant le cinquième toro. Et bien ce jour, le cinquième a été un malo quinto. Et quand un très mauvais toro rencontre un torero, Cayetano, très limité au plan technique et motivation, cela donne une série de passes chasse-mouches avant trois entrées à matar «périphériques». Toro et torero sont sifflés de concert.

On n'attendait plus grand chose du sixième. Ce dernier Algarra a été le seul toro digne de ce nom de la course. Il sort en piste avec du gaz. Il prend un premier puyazo en mettant les reins pour pousser. Il vient au cheval à la seconde rencontre pour prendre un puyazo plus léger. Le picador est applaudi. A la muleta, il a le minimum de caste et de race attendu d'un toro de combat. Comparé aux précédents, il fait figure de toro extraordinaire alors qu'il n'est qu'ordinaire. Alvaro Lorenzo ne laisse pas passer l'occasion de montrer au public qu'il n'est pas sorti à hombros à Madrid par hasard. Il enchaîne des séries honnêtes sur les deux cornes avant de conclure par de très belles luquecinas. L'estocade entière est bien placée et portée avec foi. Elle est surtout efficace, ce qui permet à Lorenzo de couper une oreille et de conserver, comme Castella, son cartel au Plumaçon, palmas pour l'arrastre.

Fiche technique
Arènes de Mont de Marsan: deuxième corrida des Fêtes de la Madeleine 2019
Six toros de Luis Algarra, très bien présentés, le premier fade, les quatre suivants sans caste ni race, le dernier avec quelques options pour :

Sébastien Castella: un avis et une oreille, salut au tiers
Cayetano : silence,sifflets
Alvaro Lorenzo: un avis et silence, une oreille

Salut de Rafael Viotti au premier
les cinq premiers toros ont été sifflés à l'arrastre
Treize piques, cavalerie Garcia
Président: Jacques Grué
Lleno
Grand beau temps

Thierry Reboul