Villeneuve de Marsan (06/08/2019)  : Alternative de Dorian Canton et triomphe de Ruben Pinar...

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©Philippe Latour
©Philippe Latour
De la corrida des Fêtes de Villeneuve 2019, on retiendra que ce fut celle de l'alternative de Dorian Canton avec un lleno de « No haye billetes » et c'est tout. A l'exception du second, exploité avec métier par Ruben Pinar » les toros de Dos Hermanas (et le sobrero de Piedras Rojas) ont manqué de forces et de fond.

Le plus mal servi a été le jeune torero béarnais. Son alternative se solde par deux silences qui font regretter qu'il ait plu sur Bayonne le samedi des Fêtes.

Le premier toro de Dos Hermanas se blesse à une patte au second tiers. Il est puntillé en piste et remplacé par un sobrero de Piedras Rojas. Léger, il met bien la tête dans le capote de Dorian Canton. Il prend une pique en poussant mais est juste de forces. Ruben Pinar cède les trastos à Dorian qui accède à son rêve de gosse, être matador de toros. Pour les statistiques et les futurs jeux concours, il est le second matador né à Pau et le premier de pure souche béarnaise. Dorian commence sa faena par des passes par le haut. Le toro fléchit deux fois sur la première série. Le torero continue par une série à mi-hauteur. Le bicho a une demi charge. Il ne transmet aucune émotion malgré les efforts de Dorian. De la faena, on ne retiendra que l'application du torero et une série à droite. Après un pinchazo, une vilaine mete y saca fait tomber le toro.

Le second prend une pique en poussant puis tombe lourdement sur un recorte d'Angel Otero. Par la suite, le toro qui était abanto, gagne en fixité. Le Dos Hermanas a une très bonne corne droite. Sur ce piton, il humilie et répète avec alegria. Ruben Pinar, avec professionnalisme, ne laisse pas passer l'occasion. Il enchaîne, sans se croiser totalement, trois séries de derechazos templés guidant bien la charge. Il prend la main gauche et le toro répond moins bien de ce côté. Pinar après une série de natuelles profilées reprend la main droite pour terminer sa faena sur une série en rond. La faena, sans atterindre les sommets, a été intéressante. Pinar pinche avant de s'engager pour une entière en place qui sera efficace. Deux oreilles sont accordées, peut-être une de trop car le torero n'a pas insisté à gauche. L'arrastre est applaudie.

Le troisième est un peu juste de forces. Il est piqué juste ce qu'il faut. Après un bon quite par chicuelinas, Thomas Dufau le brinde au public. Il cite le toro de loin. Le bicho a un fond de noblesse. Il vient bien dans la muleta mais fléchit dès que le torero l'oblige. A gauche, le Dos Hermanas manque de charge et il va à menos dès que Thomas reprend la main droite. Dommage que le toro ne permette pas grand chose. Même avec un animal qui manque de charge, le landais a confirmé l'évolution de son toreo déjà entrevue à Vic et surtout Saint-Sever. Mais en l'absence de matière première, il est difficile de transmettre une quelconque émotion artistique. Silence après une épée efficace mais très et trop basse.

Le quatrième, bien présenté, ne baisse pas la tête dans les capes. Il est peu piqué. Dès les banderilles, il est tardo. A la muleta, il n'humilie toujours pas et se retourne vite. Ruben Pinar essaie d'arracher des passes mais que ce soit à droite ou à gauche, le toro est tardo et a très peu de longueur de charge. Le toro va à rapidement à menos et le torero, dépité, prend l'épée pour une entière portée en s'engageant légèrement tombée.

Le cinquième sort au pas du toril. Il prend, sans conviction, une pique trasera. Après de bons capotazos au premier tiers, Thomas Dufau commence sa faena par des cambiadas. Le toro gratte le sol, est tardo. Il manque de race, fléchit à plusieurs reprises et est court de charge sur les deux cornes. Dufau, comme au premier, fait ce qu'il peut, essaie de donner de l'émotion à sa faena mais le toro ne permet pas grand chose. L'estocade, une demie en place, est longue à faire effet et nécessite l'usage du descabello. Soirée sans pour Thomas qui mérite d'être revu lorsqu'il sera remis de ses problèmes de santé, et dans un contexte (au plan bétail) plus favorable.

Le public avait envie de fêter Dorian Canton. Hélas le dernier toro n'a pas permis grand chose. Le béarnais, très motivé, reçoit son toro par des largas et des véroniques de rodillas. Le toro est peu piqué et fait une vuelta de campana avant d'être banderillé. Dorian débute sa faena par des derechazos de rodillas qui mettent en évidence que le toro est juste de forces. Le néo-matador essaie de bien faire. Le toro est faible et a peu de charge. Il se couche à la troisième série et tombe à la quatrième. Il est complètement éteint à la suivante. Dorian essaie d'en tirer quelques passes et puis va chercher l'épée. Un simple pinchazo hondo est suffisant pour que le toro se couche et ne se relève plus. L'arrastre est sifflée.
Le public fera une grosse ovation à Dorian Canton à son départ du ruedo avant que Ruben Pinar ne sorte en triomphe.

Fiche technique :
Arènes de Villeneuve de Marsan, corrida de Fêtes 2019
Un sobrero de Piedras Rojas (1er bis) et cinq toros de Dos Hermanas intéressant et donnant du jeu le second (arrastre applaudie) , manquant de force et de fond les autres (sifflets à l'arrastre du cinquième) pour :

Ruben Pinar : deux oreilles, salut au tiers
Thomas Dufau : silence, un avis et silence
Dorian Canton qui a pris l'alternative( toro Flamenco de Piedras Rojas) : silence, silence

Six piques, cavalerie Garcia
Président : Olivier Martin
Lleno de « No haye billetes »
ciel couvert , température agréable

Thierry Reboul

 

Voir le reportage photographique : Philippe Latour