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Dax (15/08/2019 - tarde) : Corrida de Pedraza, une déception certaine...

©Matthieu Saubion
©Matthieu Saubion
La corrida de ce jeudi après-midi à Dax était très attendue. D’un côté la ganaderia fétiche de la cité landaise, de l’autre le torero de la temporada française, la rencontre des deux devaient donner de grands moments de tauromachie. En fait c’est la veille à Bayonne que Daniel Luque a rencontré un toro de Pedraza de Yeltès pour une faena inoubliable, même acteurs mais lieu et date différent.

Les Pedraza dacquois n’ont pas été à la hauteur de ce qu’on attendait d’eux (peut-être attendait-on trop d’eux ?). Superbes de présentation, ils sont allés au cheval souvent avec de l'alegria dans la charge. Sous le fer, ils ont fait preuve de plus de puissance que de bravoure. A la muleta, il leur a manqué cette alegria qu’ils avaient dans leur charge au cheval. Il y a eu des détails intéressants mais pas de toro complet dans les trois tiers.

Le premier est un peu juste de forces. Il prend, en poussant, une première pique mal placée et beaucoup trop longue. La seconde est plus raisonnable mais le mal est fait et le Pedraza a laissé beaucoup d’énergie au premier tiers. Pour ne pas l’arranger, il est mal banderillé. Octavio Chacon le double trop fort et le toro tombe. Le bicho est noble mais manque de forces. Il est court de charge et ne transmet pas beaucoup d’émotion. A gauche, il passe mal, serrant le torero. La faena est ennuyeuse. Elle est surtout trop longue, le toro finissant par se décomposer. Le final est brouillon et le toro difficile à fixer au moment de tuer. Chacon salue après une entière en avant et tombée. Le public lui refuse la vuelta.

Daniel Luque est invité par le public à saluer avant la sortie du second toro. Le Pedraza prend une première pique en soulevant le cheval. Le torero le met au centre de la piste et le bicho part pour une seconde pique où il fait preuve de bravoure. Juan Manuel Perez Mota salue après la pose de deux bonnes paires de banderilles. A la muleta, le toro est tardo et court de charge. Il a besoin d’être obligé pour se livrer. Et il le fait sans baisser la tête. Dès le début de faena, Luque prend les affaires en main. Il aguante et guide le toro tout d abord avec fermeté. Puis il toréé avec plus de profondeur jusqu’à un final superbe sur un terrain réduit et avec une très grande profondeur. C’est le torero qui a inventé le toro et la faena. Le public est debout en fin de faena. Comme à son second de Bayonne, si tout se passe bien à la mort, deux oreilles vont tomber. Un pinchazo précède une entière légèrement basse. Le bicho a un fond de caste. Il lutte longtemps avant de tomber. Il est relevé par le puntillero ce qui oblige Luque à descabeller. Il y parvient à la seconde reprise. Les trophées se sont envolés et le torero de Gerena doit se contenter d’un vuelta al ruedo chaleureusement fêtée. L’arrastre est applaudie.

Le troisième présente dès son entrée en piste des signes de faiblesse. Il prend deux piques en essayant de pousser mais sans pouvoir prendre appui sur ses pattes arrières. Marco Leal salue après un bon tercio de banderilles partagé avec Manolo de Los Reyes. Juan Leal double le toro puis l’entreprend sur la corne droite. Le toro est noble mais manque de forces. Il a du mal à avancer et tenir debout. Même problème à gauche, le torero s’applique mais l’ensemble ne transmet pas grand-chose, même quand il réduit les terrains pour une tauromachie plus trémendiste. Silence après deux pinchazos et une entière en avant.

Le quatrième est un solide gaillard qui, mal piqué prend un premier puyazo en poussant. Mis en suerte au centre du ruedo, il charge avec alegria et prend une seconde pique sans pousser. Chacon commence la faena par des passes aidées par le haut. Il cite ensuite le toro de loin à plusieurs reprises. Chaque fois le Pedraza vient bien dans la muleta et humilie en « faisant l’avion ». Le torero profite de cette noblesse pour enchainer de bons muletazos sur les deux cornes. Il fait tourner le toro autour de lui, torée par redondos. C’est bien fait avec sincérité mais il y avait probablement mieux ou plus « artistique » à faire. Le toro va à menos et le torero prolonge trop une faena qui a baissé d’intensité. Final par des aidées par le haut avant une estocade en place. Chacon coupe une oreille, la pétition étant majoritaire.

Le cinquième, très typé Aldeanueva, le plus haut, long et lourd du lot est applaudi à sa sortie en piste. Il renverse le cheval à la première rencontre sans vraiment avoir été piqué. A la seconde, il vient bien et soulève à plusieurs reprises le groupe équestre. Mis presque dans les tablas, à l’opposé du cavalier, il vient avec alegria à deux reprises et prend, en poussant, deux puyazos donnés dans les règles de l’art. Le piquero, José Manuel ¨Perez Garcia, sort en musique et sous l’ovation du public. Raul Caricol Gonzales est appelé à saluer après un très bon tercio de banderilles. A la muleta, le Pedraza, qui a été si brillant au cheval, est court de charge. Il semble accuser le coup après un tercio de piques éprouvant et s’éteint très vite. Luque essaie de lui tirer des muletazos et de donner de l’intérêt à la faena mais il doit rapidement renoncer. Après un pinchazo prudent, il tue d’un vilain bajonazo. Silence pour le torero et applaudissements pour l’arrastre.

Le sixième est un negro très armé. Il gagne du terrain sur Juan Leal à la réception à la cape. Il prend une première pique trop longue sans pousser. Placé loin, il en prend un seconde sans vraiment s’investir. Juan Leal brinde au public. Il commence sa faena par des cambiadas. Le torero a du mal à trouver le sitio à droite. C’est beaucoup mieux à gauche ou il enchaîne des naturelles avec un certain temple. Le toro manque de fond et de transmission. Juan Leal réduit les terrains, toréé de près et dans les cornes du toro. Il se fait bousculer. Le toro ne répond pas à cette tauromachie et la fin de faena divise le public. Silence après une mise à mort en quatre temps.

Fiche technique :
Arènes de Dax ; seconde corrida de la Féria 2019
Six toros de Pedraza de Yeltès superbement présentés avec un fond de caste, de la force au premier tiers mais manquant de fond, sauf le quatrième, au troisième tiers pour :

Octavio Chacon : salut, une oreille
Daniel Luque : deux avis et vuelta, silence
Juan Leal : silence, silence

Quatorze piques, une chute, cavalerie Bonijol
Salut de Juan Manuel Perez Mota au second, de Marco Leal au troisième et de Raul Caricol au cinquième.
Grande ovation pour Juan Manuel Perez Garcia après le tercio de piques du cinquième
Président : Bernard Sicet
Lleno de « No Hay Billetes »
Météo de début Septembre

Thierry Reboul