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Nîmes (15/09/2019 - tarde) : A Juan Leal la dernière Porte des Consuls de la Feria des Vendanges 2019...

©ElTico
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Qu'il est décidément difficile de présider une corrida à Nîmes... Ce dimanche après-midi de clôture, c'est Mr Julien Plantier qui en a fait les frais après le changement du sixième toro, fortement demandé par les uns, puis vivement critiqué par les autres, le bicho se révélant très mobile et refusant de quitter le ruedo tout en gardant sa tendance à la mansedumbre qui avait, et elle seule, amené son remplacement.

Car la question en effet était et restera : Est-ce qu'un toro qui perd le fourreau d'un piton est de ce fait rendu impropre à la lidia ? Si ce n'est pas le cas, on a simplement remplacé un toro manso, ce qui ne s'imposait pas et a entraîné une vingtaine de minutes de cacophonie dont on se serait bien passé...
Tout ceci ne doit toutefois pas nous faire oublier qu'il y a eu corrida et qu'un français est sorti a hombros, ouvrant en grand la Porte des Consuls après avoir coupé trois oreilles et impacté fortement le coso de la cité des Antonins. Juan Leal poursuit son chemin qui l'a vu se gagner sa place au cartel de la majorité des grandes ferias que compte la planète taurine, pour désormais y triompher. Il sera de plus en plus difficile, à l'avenir, de se passer de lui...

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier de la tarde, plutôt grassouillet, fut reçu par Lopez Simon à base de veroniques avant de se faire maladroitement piquer sur la rencontre initiale. La seconde fut correcte. A l'issue, Juan Leal montra qu'il n'était pas venu ici pour faire de la figuration, réalisant un quite par saltilleras millimétrées, impactant ainsi les gradins. Salut de la cuadrilla après un tercio de banderilles de premier ordre. Face à un toro mobile sur les deux bords, le natif de Barajas édita une faena ambidextre de haute note, variée et bien rythmée. Sous la musique, il connut les passages les plus profonds sur la zurda, dessinant plusieurs naturelles relâchées du plus bel effet. Final dans des périmètres plus restreints par muletazos, passes dans le dos et redondos, suivis de bernardinas osées, faisant résonner le conclave. Mort par épée tombée au troisième assaut, d'effet très long pour cause de puntillero relevant l'animal. Cette fin lui ôta tout espoir de trophée. Ovation avec salut après deux avis.

Pour cause de conditions physiques limitées, Juan Leal fit économiser son premier adversaire à la pique, lui faisant administrer que deux légers picotazos. Quite soigné de Gines Marin par tafalleras. Salut de Manolo de los Reyes suite à une paire de banderilles de categoría. Début de faena prometteur par pedresina suivie de trois naturelles, les deux genoux en terre. Devant un animal sans excès de force ni transmission, Juan Leal confirma qu'il avait franchi un nouveau palier cette saison, éditant à ce Fuente Ymbro une prestation de haute volée. Proposant une muleta douce et précise, le protégé de Maurice Berho enroula cet astado autour de sa ceinture pour lui tracer des tandas délicates, templées et très a gusto. En fin de trasteo, il fit chavirer le conclave lors d'une importante série à genoux époustouflante de domination et d'aguante, faisant lever la foule après un desplante à cuerpo limpio. Deux oreilles après une épée engagée, quelque peu tombée.

Gines Marin se montra timide lors de la réception du troisième Fuente Ymbro qui frôlait les six ans. Après avoir reçu deux piques traseras, le bicho fit vite comprendre qu'il ne débordait pas de force. Malgré ce paramètre, cet astado noble mais sans grand moteur, permit au natif de Jerez de la Frontera de s'exprimer. Toréant à mi hauteur avec élégance, Gines Marin alterna les tandas dans un registre très classique qui trouva résonnance dans les travées. Sans déborder d'intensité, cet ensemble fut plaisant et bien construit, notamment sur la rive gauche par naturelles à camara lenta. Il ponctua le tout par une entière d'effet rapide. Oreille.

López Simon salua le quatrième par veroniques, chicuelinas et revolera avant de l'amener à la cavalerie pour deux puyas sans histoire. Sur les premiers échanges droitiers, le bicho fit vite comprendre au madrilène que le piton droit était avisé et violent. Logiquement, López Simon axa sa faena sur un piton gauche plus maniable mais sans grande classe. Appliqué, il sortit de son voile quelques naturelles agréables mais l'ensemble resta marginal et ne décolla jamais. Mort en deux temps. Silence.

Juan Leal salua le cinquième par veroniques avant de se faire percuter violemment la cuisse gauche sur une chicuelina, faisant boiter bas le tricolore. Par deux fois, le Fuente Ymbro se montra brave sous le fer, s'engouffrant avec force contre le caparaçon. Juan Leal débuta le dernier tiers par statuaires et cambios stoïques avant de tracer trois séries de derechazos bien calibrées qui déclenchèrent logiquement la musique. Face à un astado s'éteignant au fil des minutes, l'arlésien réduisit les distances et arracha tout ce qu'il put dans des terrains dangereux, à la limite de l'accrochage. Fin de trasteo par luquecinas serrées avant une mort engagée en deux temps, libérant un appendice du palco.

Gines Marin hérita d'un toro fuyard, peu intéressé par les appels des subalternes lors de son entrée dans le ruedo. Il a fallu que ce soit le lidiando qui donne les premières passes de cape. Au tercio de varas, cet exemplaire qui perdit le fourreau de son piton gauche, confirma ce côté manso en sortant aussitôt du peto après avoir senti le fer. Sous quelques protestations de la foule, la présidence céda et accorda le changement, à priori suite à ce bout de piton manquant mais sans certitude. Ne voulant pas réintégrer le toril, ce Fuente Ymbro fut tué difficilement par Gines Marin.
Le sobrero du fer titulaire prit deux piques traseras.A la muleta, cet animal inspira peu Gines Marin qui tenta de construire une faena, sans réussite. Mort en deux tentatives. Silence.


Arènes de Nîmes (30)
Dimanche 15 septembre à 17h30
Toros de Fuente Ymbro
Poids :544 , 544 , 513, 510 , 514, 518,520 (6 bis).
1/3 plaza
Beau temps
Durée : 2h55
Présidence : J. Plantier / M. Viallet / M. Pouillard

Alberto López Simon : Ovation avec salut après deux avis /Silence
Juan Leal : Deux oreilles / Oreille
Gines Marin : Oreille après avis /Silence


Sortie de Juan Leal par la porte des Consuls.
Une minute de silence fut observée en hommage à Pierre Bats, co-ganadero de la ganaderia française d' Alma Serena récemment disparu.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico