• 1

Festival de Samadet (26/10/2019) : Des oreilles et un bon toro de L’Astarac...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
Preuve que les aficionados ont du cœur, ce sont deux festivals caritatifs qui sont organisés ce week-end. C’est le Sud-ouest qui commence avec celui organisé à Samadet par Marc Serrano avec l’aide de la Peña Al Violin.

Est-ce le fait qu’il ait été organisé un samedi ou que des colloques ou réunions de clubs taurins lui ont fait concurrence, il a manqué du monde sur les gradins des arènes landaises ce jour et c’est dommage compte tenu de l’objectif visé et de l’implication de Marc et de tous ceux qui se « défoncent » pour que de l’argent soit récolté pour les enfants de l’Hôpital de Mont de Marsan. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir annoncé la date, il y a longtemps pour que chacun et chaque structure puisse s’organiser en fonction et éviter une dispersion des Aficionados sur plusieurs fronts.
Ceux qui râlent contre les cartels « copiés-collés » ont perdu l’occasion de voir des toreros peu vus ou même inédits en France.
A l’issue du Paseo, un moment de recueillement a été observé en hommage au ganadero landais Pierre Bats récemment décédé.
Serge Dupouy, président de la Peña Al Violin, a pris la parole revenant sur les attaques dont nous sommes victimes. Avec des mots simples et beaucoup de passion, il a rappelé combien nous sommes attachés à nos libertés et à notre droit à transmettre ce que nous aimons et nos valeurs à nos enfants. En conclusion de ce discours, la Peña a joué la Marseillaise reprise en chœur par les aficionados présents sur les gradins.
Pour ce qui est de la partie taurine, on analysera les plus et les moins de chaque toro et torero, on évoquera la générosité présidentielle mais on n’oubliera pas que tous les acteurs du jour étaient bénévoles et que les bichos étaient offerts par les ganaderos. Et surtout, on n’oubliera pas que nous étions tous là pour les enfants.

Le premier toro (Gallon) est reçu à la cape par Marc Serrano, organisateur et cheville ouvrière de ce festival. Le bicho, plutôt léger, sort avec du gaz mais baisse très rapidement de régime. A la pique, il se jette contre le cheval et laisse ses dernières forces en poussant contre le peto. Il arrive au troisième tiers quasiment sans forces. Marc doit le toréer par le haut avec beaucoup de douceur. Sur la corne droite le Gallon est noble, suit le leurre en début de faena. Il est intoréable à gauche. Après ses forces, il perd son moral et à tendance à s’échapper en fin de passe. L’ensemble est appliqué mais manque d’émotion. Marc Serrano coupe une oreille après un pinchazo, une demie et un descabello.

Le second (Virgen Maria), bizco, est plus charpenté que le Gallon. Il est reçu avec une élégance toute mexicaine par José Mauricio. Il prend une pique en poussant. Après un bon quite, Mauricio commence sa faena en essayant de citer le toro de loin. Le Virgen Maria, sur chaque série, commence a bien embister. Puis à la troisième passe, il s’arrête à mi parcours que cela soit à droite ou à gauche. Le mexicain, enchaîne des passes, s’efforce de l’améliorer mais il ne pèse pas assez sur un animal qui va très vite s’éteindre. L’estocade entière, en avant et tombée, est rapide d’effet. Les deux oreilles accordées nous rappellent que nous assistons à un festival.

Le troisième est un joli exemplaire de Cuillé. Il est accueilli à porta gayola par Esaü Fernandez. Belle réception à la cape, avant un bon puyazo que le bichof prend en poussant. Avant le début de la faena, il heurte de plein fouet, avec violence, la tranche d’un burladero Après une bonne première série, le sévillan « monte » trop sur un toro qui accuse le coup du choc. Le Cuillé va très vite à menos, part dans les planches. Presque KO, il se couche près des tablas. Les peones le relèvent pour que le torero puisse l’estoquer. L’épée entière et basse est rapide d’effet. Oreille, on est bien toujours en festival.

Le quatrième est un joli exemplaire du fer de Cuillé. Il est reçu avec élégance à la cape par Filiberto. Il prend une seule pique en mettant les reins. Le torero de Calasparra commence sa faena de rodillas mais se relève dès la seconde passe. Le toro est noble et à un fond de caste. Il part de loin et s’investit dans la muleta. Filiberto enchaîne quatre séries, deux à droite et deux à gauche, sur le voyage. Il subit la charge et profite des qualités du bicho plus qu’il ne les exploite. Il pèsera plus sur le toro et conduira mieux la charge sur les deux séries suivantes, les plus abouties de la faena. Retour à une tauromachie plus superficielle et parallèle pour le final avant un pinchazo et une quasi entière efficace. Deux oreilles, effectivement on est toujours en festival.

Annoncé comme étant un Camino de Santiago, c’est un Astarac qui sort en cinquième position. Bien présenté, le bicho prend une pique en poussant. Dommage qu’il soit un peu juste de force, il ne sera pas remis en suerte. Le Guardiola est noble et encasté. Il répond aux cites et répète dans la muleta d’un Hector Gabriel qui sait mettre en évidence et exploiter ses qualités. Certes le mexicain manque de finesse, mais il est sincère, court la main et essaie, et y parvient parfois, de se mettre au niveau du toro. On aurait aimé voir le toro entre d’autres mains mais « elles » ne se sont pas portées volontaires pour participer au festival. Le final de la faena est brouillon, le toro, bouche fermée, prenant le dessus sur le torero. L’estocade entière est rapide d’effet. Deux oreilles pour le torero et vuelta pour l’astado de l’Astarac, récompenses moins festivalières que les précédentes. Jean Louis Darré, qui finit sur une bonne note une temporada difficile, partage la vuelta d’Hector Gabriel.

Le sixième est un bicho de la ganaderia Tardieu. Bonne réception à la cape avant une pique légère, Alejandro Marcos enchaîne sur un quite élégant. A la muleta, le torero de La Fuente de San Esteban toréé avec allure, élégance, dans le rythme de la musique, un toro qui a un fond de caste Nuñez qui le rend intéressant mais qui exige une lidia plus structurée. Alejandro ne pèse pas assez sur un toro dont il n’exploite pas tout le potentiel. Une oreille après une entière en avant et quatre descabellos. Le président résiste à une demande de second trophée, le festival est fini …………..

A l’an prochain pour un nouveau festival, les enfants en ont besoin.
Marc, Serge bravo, merci et continuez.


Fiche technique
Samadet : Festival au profit de l’association du service de pédiatrie de l’Hôpital de Mont de Marsan
Six astados de Gallon, Virgen Maria, Cuillé (3ème et 4ème) ; L’Astara et Tardieu pour :

Marc Serrano : une oreille
José Mauricio : deux oreilles
Esaü Fernandez : une oreille
Filiberto : deux oreilles
Hector Gabriel : deux oreilles
Alejandro Marcos : un avis et une oreille

Vuelta au toro de L’Astarac
Salut de Jean Louis Darré qui accompagne Hector Gabriel dans sa vuelta
Six piques, cavalerie Bonijol
Tous les participants sont venus bénévolement
Président : Pierre Vidal
Entrée loin d’être en rapport avec le but visé et l’implication des organisateurs
Il faisait beau à l’extérieur des arènes couvertes
Pas d’antis à l’horizon

Thierry Reboul

Voir le reportage photographique : Philippe Latour