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Jean-Baptiste Jalabert "Juan Bautista" : "Cette année, les gros évènements se dérouleront à Arles... Et ce sont les toreros qui l'ont choisi..."...

Visuel JB 11012020C'est quelques heures après que le Tribunal Administratif de Marseille ait entériné le choix de sa société par la Ville d’Arles concernant la gestion des arènes, que nous avons rencontré un Jean-Baptiste Jalabert fier d'annoncer ce mardi 14 janvier une programmation de temporada exceptionnelle, pour honorer comme il se doit ce nouveau contrat.

"Nous allons présenter mardi, à mon goût, une très très grande temporada dans son ensemble. Une temporada remplie d'évènements, de messages forts chaque jour, à base de carteles qui se sont construits sur des opportunités et sur le relationnel que j'entretiens avec la plupart des acteurs, ce qui me permet de faire de très gros coups cette année.
C'est une temporada qui est, je ne le cache pas, un ton au dessus des années précédentes au niveau financier. Mais c'est un risque calculé. L'entreprise est saine et les opportunités qui se présentaient étaient trop belles pour ne pas aller au bout. Nous sommes très fiers de la temporada que nous présentons ce mardi.
Le vendredi, comme de tradition depuis maintenant cinq ans en ouverture, une course Camarguaise avec des manades différentes et les meilleurs raseteurs du moment. Il s'agit d'une des premières grosses courses de la saison et le plateau est de très haut niveau.
Le samedi après-midi, une corrida de toros dont les élevages ne sont pas encore connus, ni même par moi, pour une raison que j'expliquerai tout à l'heure. Il s'agit de la corrida du retour d'Alejandro Talavante. Une date qui est actée entre le torero et moi depuis environ trois mois. Mais peu de personnes étaient dans la confidence. Même mes associés ne l'ont appris que très récemment. Alejandro Talavante est un torero avec lequel j'entretiens de très bonnes relations depuis de très nombreuses années. Je pense avoir été l'un des seuls taurins avec lequel il a été en contact durant son interruption, plutôt hors du milieu taurin d'ailleurs, ce qui a été assez agréable. Et c'est ce qui a certainement déclenché cette opportunité. Alejandro est venu me voir lors de ma corrida de despedida, la Goyesque 2019. C'est la seule corrida à laquelle il a assisté l'an passé, la seule fois où il s'est montré dans des arènes. Il n'a même pas suivi son élevage. Et peu de temps après cette corrida, lui-même m'a fait part de ce projet de faire son retour après un an et demie d'interruption et de le faire dans les arènes d'Arles. Qu'en dire, sinon que j'en suis très heureux, très fier... C'est une marque de confiance envers moi, par l'amitié qui nous lie, une marque de conffiance envers l'entreprise que nous gérons avec ma soeur Lola, avec Alain Lartigue et François Cordier. Cela démontre que nous faisons les choses bien, que nous sommes clairs tant au niveau économique qu'au niveau de notre discours, qui touche les aficionados mais, je crois, qui touche les professionnels aussi. Nous sommes une entreprise jeune, avec des ambitions futures et c'est un geste fort de sa part qu'il parie sur nous pour la corrida de son retour. Dès le départ, il a été question avec lui d'un cartel qui ait un sens et un message particulier. De là est venue l'idée que s'il faisait son retour en France, le message devait porter sur le futur de la tauromachie en France. Donc, un mano a mano, puisque c'est cette option qui avait été privilégiée avec lui dès le départ et au fil des conversations, en se dirigeant vers un jeune torero français. Cette journée va être regardée par le monde taurin dans son ensemble et il a été décidé de donner cette opportunité à Juan Leal, qui a été choisi d'abord par ce qu'il a démontré dans l'arène, surtout en Espagne l'an passé, en montrant qu'il méritait d'être programmé dans toutes les grandes ferias. L'accord a été conclu avec Juan Leal et ses agents plus récemment, car nous voulions garder cette confidentialité du retour de Talavante le plus longtemps possible. C'est donc la raison pour laquelle les élevages à cette heure ne sont pas encore connus. Et même si des fuites ont eu lieu ces derniers jours dans la presse espagnole, elles ne sont pas de notre fait et le secret a été gardé très longtemps. C'est un des plus gros coups que l'on puisse réaliser à l'heure actuelle. Talavante pouvait réapparaître où il le voulait et quand il le voulait, dans les conditions qui étaient les siennes. Il aurait pu réapparaître à Mexico, à Séville ou à Valencia... Il y a quinze ans de ça, il aurait pû réapparaître à Nîmes mais il a choisi Arles. Concernant les élevages, nous les officialiserons dans quinze jours. Ce seront des élevages de garantie pour ce genre d'évènement, certainement trois puisqu'il s'agit d'un mano a mano.
Le dimanche matin, nous répétons une novillada 100% française, une formule qui avait attiré beaucoup de monde aux arènes l'an dernier, avec des élevages et des novilleros différents. Carlos Olsina, de Béziers, revient après sa belle prestation de l'an passé, de même qu'Adam Samira, qui avait également coupé une oreille en 2019. Viennent ensuite Jean-Baptiste Molas, de Dax qui fera sa présentation à Arles, Yon Lamothe, autre torero du Sud-Ouest qui se présentera aussi comme "Solalito" et "Tristan", qui fera lui ses débuts en novillada piquée. Donc, quatre novilleros feront leur présentation à Arles en 2020, dont un qui va débuter en piquée. Concernant les élevages, il y aura un sorteo puisqu'il s'agit d'une novillada de competencia et non d'un concours de ganaderias. Il y aura d'ailleurs un Prix au meilleur novillo et un au meilleur novillero. Là aussi, deux retours de ganaderias emblématiques de notre région après quelques années d'absence, avec Tardieu-frères et Pagès-Mailhan ; le retour du "Lartet" qui a remporté le Prix du meilleur novillo l'an passé et trois présentations à Arles avec un novillo d'Alma Serena, autre élevage du Sud-Ouest ; Turquay et Rolland Durand.
Le dimanche après-midi, c'est la corrida de "Jandilla", élevage triomphateur un petit peu partout en 2019 avec là aussi, un retour à Arles après plusieurs années d'absence, celui d'Antonio Ferrera. A ses côtés, José María Manzanares, figura consolidée qui a été brillant l'an passé en coupant trois oreilles à Pâques et Paco Ureña qui fait son retour à Arles après plusieurs années. Ferrera et Ureña sont certainement les deux triomphateurs de la saison dernière en Espagne avec deux grandes portes à Madrid pour le premier, une pour le second avec une grande porte à Bilbao en prime. C'est un cartel très fort avec en prime le retour de deux toreros qui ne sont pas venus à Arles depuis plusieurs années. C'est un évènement là aussi.
La corrida du lundi matin, est un autre message très fort. Parce que Ventura, qui a déjà tué six toros en solitaire à trois ou quatre reprises en Espagne, à Ronda, Huelva, notamment ou encore à Madrid l'an passé et à Espartinas l'année où il avait été écarté de Séville, a choisi de tuer six toros dans les arènes d'Arles, pour la première fois en France. Pour apporter encore un peu plus de piment à ce défi, nous avons choisi six élevages différents et pas des moindres... Il va y avoir un toro de Miura ; un toro de Prieto de la Cal ; un toro de Jalabert-Frère, donc un produit français et ensuite, trois toros d'élevages plus habituels pour les corridas de rejon, avec un "Los Espartales" ; un "Guiomar de Moura", élevage portugais qu'il affectionne et un toro de son élevage, Diego Ventura. Il y aura plusieurs surprises, que nous avons imaginées avec Diego Ventura, lors de cette corrida qui va, là aussi, être très observée par l'aficion et notamment celle du rejon. L'une d'entre elles, que je dévoile aujourd'hui, est la participation d'un groupe de forcados du Portugal sur deux toros, qui seront quand même mis à mort.
L'après-midi, c'est la corrida de Miura, de retour à Arles après deux ans d'absence en France. Après des prestations décevantes, l'élevage a été un peu puni ces deux dernières saisons et la corrida qui a été choisie pour ce retour va beaucoup plaire. Elle est très bien présentée, car l'éleveur porte beaucoup d'attention à ce retour, qui est pour lui une belle opportunité. Et là aussi, il y a un torero qui choisit Arles et c'est très touchant de sa part. "Rafaelillo" a failli mourir l'an passé à Pamplona, écrasé contre les barrières par un toro de Miura qui lui a brisé les côtes. Il a bien entendu dû interrompre sa temporada et n'a pas toréé depuis. Il a repris l'entraînement récemment et reprendra le chemin des arènes à Arles, face aux toros de l'élevage qui aurait pu l'enlever du milieu il y a sept mois en arrière. Et ce jour là, il y a un autre évènement qui se rajoute, puisqu'il y a un peu plus de soixante ans qu'aucun torero n'a osé prendre son alternative avec une corrida de Miura. Et celui qui ose, c'est un jeune de la région, de Fos-sur-Mer, qui s'appelle Maxime Solera, qui a fait toute sa carrière de novillero devant des novilladas dures et qui là, va au bout de sa conviction et de ses ambitions de s'ouvrir un chemin dans ce milieu-là en prenant son Alternative face à l'élevage le plus réputé dans les corridas dures, Miura. Le troisième torero est celui qui, sur l'affiche, va passer le plus inaperçu. Mais attention à lui, car Sergio Serrano est dans ce créneau là, et c'est la raison pour laquelle j'ai insité pour l'inclure dans ce cartel, un de ceux qui participeront au futur des corridas dures. Il est très capable et a souffert ces dernières années d'avoir été un peu écarté du circuit. Mais il ne doit qu'à son mérite d'être revenu au premier plan et nous lui offrons là une superbe opportunité.
Nous annonçons également la Feria du Riz de Septembre, avec la traditionnelle corrida Goyesque le samedi 12 septembre, une décoration et un apport musical différents qui seront détaillés un peu plus tard. Mais d'ores et déjà, nous pouvons annoncer que les arènes seront décorées par le Peintre Gérard Fromanger, Artiste aficionado très reconnu et à la grande personnalité. Nous avons programmé une corrida de Garcigrande pour Enrique Ponce, formidable à la Goyesque l'an passé et qui fête ses trente ans d'alternative ; Sebastien Castella, qui a tenu à participer à cette Goyesque pour célébrer ses vingt ans d'alternative et Roca Rey qui a été en grande partie absent de la saison française et donc arlésienne en 2019.
Le dimanche 13 septembre sera la journée de clôture pour les arènes d'Arles, puisque la finale du Trophée des As aura lieu à Nîmes en 2020. Une novillada sans picador de la famille Yonnet en matinale pour l'Ecole taurine d'Arles et un cartel à définir. L'après-midi, une corrida torista avec trois toros de "Palha" et trois toros d'Escolar Gil, en compétencia, pour Fernando Robleño, spécialiste de ce genre de corridas ; Pepe Moral, qui a connu un beau succès lors de la dernière Feria du Riz, justement avec les toros de "Palha" et un troisième poste que l'on laisse ouvert, comme l'a passé, en nous disant qu'il peut se passer des choses, peut-être en France, à Saint-Martin de Crau, à Alès ou à Istres, dans ce créneau là. Il nous faudra être attentif et, conjointement avec la Commission Taurine et l'aficion locale, essayer de faire le meilleur choix possible d'un torero à même de relever ce défi pour la corrida de clôture de la temporada arlésienne. C'est un défi sérieux, entre deux élevages mythiques, très appréciés de l'aficion torista avec du Saltillo pur très encasté chez Escolar Gil et les toros de "Palha" qui ont fourni une belle corrida l'an dernier lors de la Feria du Riz.
Au milieu de tout ça, il y a la "Cocarde d'Or", qui a lieu le premier lundi de Juillet, les spectacles d'été, notamment les courses camarguaises. Mais aussi, et c'est une nouveauté que nous autorise le nouveau contrat de gestion, la possibilité d'organiser d'autres spectacles hors tradition taurine, ce qui nous était interdit jusqu'à présent et que les gens, parfois, ne comprenaient pas.
Par ailleurs, il y a l'organisation des deux salons du toro habituels, l'aide à l'Ecole Taurine, et la dynamique découlant de nos quatre premières années de gestion.
La saison qui s'annonce est assurément un évènement formidable pour lancer ce nouveau contrat.
Cette année, les gros évènements se dérouleront à Arles... Et ce sont les toreros qui l'ont choisi."

Propos recueillis par Laurent Deloye ElTico

Photo : ElTico