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Arzacq (23/02/2020 - tarde) : Jesus Romero vainqueur du Bayonne de Cristal ; deux excellents erales de Casanueva...

Visuel Arzacq 230220T 1Les gradins sont bien remplis à l’heure du paseo pour la traditionnelle non piquée organisée par le club taurin d’Arzacq. Les débuts du jeune torero béarnais Jean Larroquette « Juanito » ont fait se déplacer parents, amis, voisins et l’ensemble des aficionados qui ont suivi le jeune garçon tout au long de son apprentissage à l’école taurine Adour Aficion.

Si les statisticiens retiendront la date de la première novillada du béarnais, le public présent retiendra la bonne prestation des trois novilleros et les deux grands novillos de Casanueva qui ont conclu l’après-midi.
Les trois erales de la ganaderia Camino de Santiago qui ont participé à ce desafio ganadero ont été loin de satisfaire le ganadero.

En premier lieu sort un bicho de Casanueva. Un peu juste de forces, il met bien la tête dans le capote de Sergio Rodriguez. Le novillero se fait plusieurs fois accrocher sa cape. Début de faena de rodillas, le torero est désarmé et le toro tombe. Cité par le bas, il récidive avant que Rodriguez se décide à le toréer à mi hauteur. Le Casanueva passe alors mieux et permet au novillero d’enchaîner des séries des deux mains. Le toro est noble avec une pointe de genio que Sergio ne cherchera pas à dominer. Il profite de la charge de son adversaire pour le toréer sur le voyage. L’ensemble est élégant, bien fait ; accroche le public mais ne pèse pas sur un eral qui aura tendance à partir dans les planches en fin de faena. Final plus trémendiste, insuffisamment dominé, le bicho est difficile à fixer au moment d’entrer à matar. Rodriguez coupe une oreille après un pinchazo et une entière très basse et rapide d’effet.

Le second est un Camino de Santiago. Jesus Romero l’accueille par deux largas de rodillas au centre du ruedo. Juanito réalise un quite varié et élégant. Après avoir banderillé avec des réussites diverses, le jeune espagnol brinde au public. Le Camino, abanto à son entrée en piste, est faible. Il a une charge courte, se défend dans la muleta sans s’employer. Romero est un bon muletero. Il oblige le novillo en début de faena et parvient à tirer quelques bons muletazos en particulier lors de sa première tentative à gauche. Le novillo va très vite à menos et la faena perd de l’intérêt. Jesus tente de redonner de l’intensité par des une tauromachie plus spectaculaire mais le toro ne permet plus grand-chose. Une entière en avant après un pinchazo, le public invite le jeune torero à faire une vuelta.

Le public est venu pour voir Juanito. Le béarnais, très motivé, est un très bon capeador. Malheureusement, il ne pourra vraiment s’exprimer qu’au premier tercio. Son Camino est manso, suelto et cherche refuge près des planches. Il ne permet pas grand-chose à la muleta et est compliqué à fixer au moment de l’estocade. Juanito a brindé à ses parents qui l’ont accompagné de capéas en tientas lors de son apprentissage, Il semble déçu quand il répond à l’invitation à saluer du public.

Le quatrième, Camino de Santiago, est faible. Il fait une vuelta de campana et a du mal à se mouvoir en début de faena. Sergio Rodriguez qui avait été superficiel à son premier fait montre d’un vrai sens de la lidia face à son second adversaire. Il le toréé à mi hauteur, en douceur. Il lui laisse reprendre son souffle à plusieurs reprises. Grâce au travail du novillero, l’eral va à mas et permet une fin de faena, un peu inespérée, avec de très bons passages à droite et à gauche très « luquesiens » (pardon pour le néologisme). Dommage que le public n’ait pas « connecté » avec le torero. Certes la mise à mort a été approximative mais l’application et la lidia méritaient plus qu’un silence.

Le cinquième est un eral de Casanueva. Dès son entrée en piste, c’est un monument de noblesse. Il met la tête et embiste dès les premiers capotazos. Jesus Romero réalise un excellent tercio de banderilles qui lui vaut d’être ovationné. A la muleta, le novillo part de loin, charge avec alegria et en humiliant dès les premiers galops. Il se livre avec beaucoup d’alegria et transmet beaucoup. Romero, qui est un bon muletero, profite de cette grande noblesse, se met au niveau du Casanueva et enchaine d’excellentes séries des deux mains. Il commet l’erreur de trop prolonger la faena ce qui lui vaudra une impressionnante voltereta .Pour conclure sur une note originale, il jette sa muleta et s’engage sans la défense du leurre pour entrer à matar (nouvelle voltereta). Il coupe deux oreilles et l’excellent eral de la famille Bats fait un vuelta amplement méritée et très applaudie.

Le sixième est lui aussi un Casanueva. Il met bien la tête et permet à Juanito de montrer ses qualités, cape en main. Après un bon tercio de banderilles à charge d’El Santo et Miguelito, le jeune béarnais brinde à son public. Le novillo a une corne gauche exceptionnelle et Juanito saura l’exploiter en le toréant par naturelles, main très basse. L’eral est supérieur au précédent. Aussi noble, plus encasté, il demande les papiers et ne permet pas une tauromachie spectaculaire comme le cinquième. Mais quelle classe quand il attaque la muleta piton gauche à ras du sol ! Juanito malgré son manque d’expérience, se met au niveau en particulier lors des dernières séries de naturelles qui enthousiasment le public. La mise à mort n’est pas à la hauteur du travail réalisé par le torero et de la grande qualité du novillo, Juanito coupe quand même la première oreille de sa carrière.

 

Fiche Technique
Arènes d’Arzacq : novillada non piquée, trophée du Bayonne de Cristal
Trois erales du Camino de Santiago (2, 3, 4) justes de forces et manquant de fond, trois erales de Casanueva, (1, 5, 6) de très grande classe les deux derniers pour :

Sergio Rodriguez : une oreille, silence
Jesus Romero : vuelta, deux oreilles
Juanito (débuts en non piquée) : un avis et salut au centre, un avis et oreille

Vuelta au cinquième novillo (Casanueva)
Jesus Romero remporte le trophée du Bayonne de Cristal
Le prix des organisateurs du Sud-ouest est partagé entre les trois novilleros
Président : Philippe Tort (Garlin)
Trois quarts d’arène
Température printanière à l’extérieur des arènes couvertes

Thierry Reboul

Photos : ©Nicolas Couffignal

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