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La vie de campo reprend son cours à "La Chassagne"...

Visuel Chassagne 300520Petit à petit après que la pandémie de Covid-19 ait bousculé de cours de nos vies, celles-ci reprennent un chemin qui s'efforce de ressembler à ce qu'il était quelques semaines avant l'épidémie. Dans les ganaderias, si le travail au contact des bêtes n'a jamais vraiment cessé, il est désormais temps de reprendre le travail de sélection nécessaire à la pérénité de tout élevage.

A "La Chassagne", le ganadero avait donné rendez-vous ce samedi à deux novilleros arlésiens qui devaient se produire initialement en matinale du dimanche lors de la Feria d'Arles 2020, Adam Samira et Tristán, pour tienter chacun une becerra et un novillo. Une belle aubaine pour ces jeunes toreros privés de bétail depuis plusieurs semaines. Et une tout aussi belle opportunité pour une assistance forcément réduite, directives gouvernementales oblige, de revoir, enfin, des bêtes à cornes dans un ruedo, fut-il celui d'une placita de tienta... Il est des faenas qui ne se refusent pas... Et si l'ambiance "distanciation sociale" enlève beaucoup à l'intimité de ce genre de rendez-vous champêtre, surtout pour les méditerranéens que nous sommes, il n'en reste pas moins que parler à nouveau "toros" avec des gens de toros, au milieu des toros, n'a pas de prix en ce week-end de Pentecôte où nous aurions dû être... ailleurs.
L'entraînement de salón en mode "confiné" ne remplacera jamais les sensations éprouvées face au bétail. Et c'est assez timidement que les arlésiens ont débuté face aux becerras qui leur offraient pourtant de belles possibilités. En revanche, Adam Samira s'est révélé très convainquant face à un bon novillo maison, plutôt charpenté, devant lequel il a fait étalage d'une belle gestuelle et confirmé que son oreille coupée l'an passé lors de sa présentation dans les arènes de sa ville, ne devait rien au hasard. Plus compliqué le novillo attribué à Tristán, lequel n'a jamais vraiment trouvé la solution pour se montrer à son avantage. La situation sanitaire actuelle et l'absence d'échéances à plus ou moins long terme lui permettront assurément de retrouver la confiance qui était sienne ces derniers mois et qui en faisaient assurément l'un des espoirs bénéficiant de plus de projection.
En cinquième position sortit une becerra colorada que torea Juan Bautista, qui n'avait touché ni cape ni muleta depuis une certaine Corrida Goyesca désormais rentrée dans l'Histoire. Le retraité a de beaux restes et c'est avec beaucoup d'autorité, mais aussi de douceur qu'il a montré à ses deux jeunes compañeros combien le chemin est encore long pour eux.

Laurent Deloye ElTico

Voir le reportage photographique : ElTico