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Lunel (18/07/2021) : Antonio Ferrera gracie "Manzanilla" de Núñez del Cuvillo et sort a hombros avec Léa Vicens...

Salida Lunel 18072021Les arènes de Lunel auraient elles tiré un trait sur leur réputation d'austérité ? Après une inauguration grisouillette des nouvelles arènes il y a deux ans, la première corrida post-covid (?...), mixte pour l'occasion, dans le superbe coso Pescalune, s'est conclue par la sortie en triomphe de Lea Vicens et Antonio Ferrera et un total de sept oreilles et une queue décernées par un Palco que l'on a connu ici plus pingre...

Nul ne s'en plaindra en ces temps difficiles et il faut bien reconnaître que la ferveur du public après la prestation de ce diable de Ferrera au cinquième, rendait la position de la Présidence, en ces lieux souvent inflexible, difficilement tenable...

Face à un premier Fermín Bohorquez noble et doux, bon collaborateur, Léa Vicens livrera une prestation propre, la faena résultant fluide avec un seul passage en faux. Le toro finit arrêté et n'aide pas à la mort, ce qui occasionne un pinchazo avant une entière pour la première oreille de la tarde.

Le premier Núñez del Cuvillo entre en piste pour Antonio Ferrera, qui demande l'autorisation à la Présidence, de faire sortir le picador de réserve. Ce sera également le cas au cinquième. Le toro prend une pique appuyée. Dans la flanelle, il se révèlera noble et suave, buvant la muleta avec gourmandise. De beaux passages gauchers voient la faena culminer, avant un final par naturelles de la droite très relâchées. L'entière tendida en première intention est suffisante. Oreille.

Le troisième prend une pique en brave, suivie d'un quite par tafalleras de Juan Ortega au terme duquel le toro perd les mains. Ce Núñez del Cuvillo sera noble mais manquera de force. La faena, ambidextre, douce et précise, manquera de liant, le toro protestant à chaque fois que le torero l'obligera. Final par manoletinas avant demi-lame suffisante d'effet. Oreille.

L'amazone Nîmoise touchera en second un Bohorquez tardo, avec du moteur en début de faena, ce qui demandera quelques passages d'ajustement avant que l'ensemble ne prenne du rythme. Il en résultera un trasteo d'intensité croissante, avant une lame entière tombée au premier essai d'effet lent. Deux oreilles.

Le cinquième, "Manzanilla", né en mai 2016, portant le n°157 de Núñez del Cuvillo, prend deux piques, la seconde lointaine, mais sans réellement s'employer. Antonio Ferrera arrête rapidement la musique, qui avait entamé logiquement ses premiers accords à la demande de la Présidence puis, après quelques muletazos de réglage, demande "Opera Flamenca" au Maestro Rudy Nazy, à la tête de l'orchestre Chicuelo II. S'en suit une faena baroque, d'inspiration Ferrerienne, indescriptible car les passes semblent s'enchaîner sans réelle construction, mais avec une étonnante fluidité. Après le premier avis, les arènes s'enflamment et monte la pétition d'indulto. Devant un Palco qui affiche une certaine fermeté, Ferrera continue de toréer sans que le deuxième avis ne tombe, allant même jusqu'à enchaîner trois "Saltos de la rana" que n'aurait pas renié leur créateur, Manuel Benítez "El Cordobés", dans les années soixante. La pression s'accentue sur un Palco qui ne peut s'en sortir qu'en sortant le mouchoir orange synonyme d'indulto. Lors de sa vuelta triomphale, Antonio Ferrera ne manquera pas de remercier, en Français, la Peña Chicuelo II dirigée par Rudy Nazy.

Difficile de passer après un tel moment d'émotions. Le sixième prend une pique. La faena débute par le bas par des passes de châtiment, car le Núñez del Cuvillo se révèle violent. Le trasteo peine à trouver son rythme et Ortega abrége logiquement d'une entière tendida.


Arènes de Lunel
Dimanche 18 juillet 2021
Corrida de toros
Entrée : le plein de la capacité autorisée
Toros de Fermín Bohorquez pour la cavalière et Núñez del Cuvillo, le n°157, "Manzanilla", né en mai 2016, sorti en cinquième position sera grâcié, pour :

Léa Vicens, oreille et deux oreilles.
Antonio Ferrera, oreille et deux oreilles et la queue symboliques
Juan Ortega, oreille et silence

Laurent Deloye ElTico

Voir le reportage photographique : ElTico