Bayonne (30/07/2021) : Deux grands toros de Pedraza et Adrien Salenc...

  • Imprimer

Salida Bayonne 30072021La famille Uranga, qui avait remporté la médaille d’or, la semaine dernière à Mont de Marsan, devra se contenter d’une médaille de bronze à l’issue de la corrida d’ouverture de la saison bayonnaise. Comme aux Jeux Olympiques, quand un athlète, se classe troisième d’une compétition, Ignacio Sanchez essaiera de positiver en faisant référence à tous es autres ganaderos aimeraient sortir deux grands toros comme les troisième et cinquième ; Ce qui est certain, c’est que la ganaderia est dans un bon moment .

Ses prochaines sorties à Mimizan en Août et Dax en Septembre seront très attendus.
Initialement composé de quatre toros typés Aldeanueva et deux plus Garcigrande, suite à un remplacement, le lot lidié a finalement été constitué de trois toros de chaque rame. Pour ce qui est de la performance sont sortis en troisième et cinquième deux très bons toros (les deux noirs typés Garcigrande du lot ), un Aldeanueva correct et trois autres médiocres. Pour ce qui est de la présentation rien à redire pour ce qui est du trapio malgré des poids assez hétérogènes. Quand aux cornes, il y a eu de tout avec trois toros bien armés. Pour les autres (les Aldeanueva), on a retrouvé les têtes discrètes et biscornues des premiers toros de ¨Pedraza.
A l’exception du dernier, on a vu des bichos intéressants au cheval avec de la vraie bravoure pour les troisième et cinquième et pour les autres de la puissance.

Le premier, boiteux, est renvoyé au toril. Il est remplacé par un exemplaire, du même fer et de la même rame, costaud avec peu de tête. Très bien reçu à la cape par Daniel Luque, le Pedraza désarme et désarçonne le piquero à la première rencontre. Bien piqué, il pousse en donnant des coups de tête à la seconde avant de renverser le groupe équestre. Mis au centre, il est long à se décider à charger, vient fort et pousse au contact du fer. Le picador est applaudi. A la muleta, le Pedraza est tardo et avertit Luque dès le premier muletazo à droite. Le torero prend immédiatement la main gauche. Le toro a très peu de charge, se retourne vite et se serre contre le matador. A droite, avec le métier qu’on lui connait Luque arrive à tirer une série de trois derechazos, certes profilés mais quand même méritoires, à un toro qui offre très peu de possibilités et finit avisé. Luque abrège la faena, tue d’une quasi entière efficace bien qu’un peu en avant. Le public l’invite à saluer.

Le second, comme le premier, auquel il ressemble beaucoup, est boiteux à sa sortie du toril, boiterie qui s’estompera très rapidement. Il prend trois piques sans grand style. Sergio Florès le brinde au public. Le Pedraza est noble et a une charge intéressante. Le mexicain commence sa faena par une bonne série de derechazos donnés en se croisant et avec du temple. Malheureusement ce sera le seul bon enchaînement de la faena. Dès la seconde série, il toréé sur le voyage, usant du bout de la muleta. Il cherche à se mettre le public dans la poche avec une tauromachie pueblerina et n’exploite pas les qualités de son opposant. Final par manoletinas avant un pinchazo et une entière tombée (Julipié ?) et Flores coupe, à la demande du public, la première oreille de la temporada bayonnaise.

Le troisième est un clone du second toro de Mont de Marsan. Très bien paré à la cape par Adrien Salenc ; très encasté, il prend deux piques en venant et poussant au cheval avec beaucoup de bravoure. La présidence change de manière incompréhensible le tercio alors que le toro avait le moral et le physique pour être piqué une troisième fois Le picador est applaudi à sa sortie du ruedo. Antonio Chacon est invité à saluer après un bon tercio de banderilles. Adrien brinde à Rafael Cañada. Le Pedraza est excellent. Il vient de loin, charge avec beaucoup de noblesse et de classe sur les deux cornes et gardera jusqu’au bout la bouche fermée. Salenc profite de l’alegria du toro, tire de bons muletazos surtout à droite. L’ensemble est méritoire et d’un bon niveau mais reste en dessous de l’énorme potentiel du bicho qui permettait une tauromachie plus liée, plus profonde et relâchée qui n’est pas encore celle de Salenc. Adrien s’engage pour une très belle estocade. Le Pedraza, qui a lutté avant de tomber, est honoré d’un tour de piste posthume. Comme le Président a accordé une oreille, non justifiée, à Florès, il en donne deux, en valeur relative, à Adrien Salenc qui a été meilleur que le mexicain .En valeur absolue, la deuxième peut être discutée.

Le quatrième, le mieux fait et armé des « Aldeanueva », pousse à la première rencontre. Il renverse le groupe équestre et blesse le cheval. Temps mort le temps pour le piquero de changer de monture et le toro subit un second puyazo très appuyé (et même trop aux vues de son comportement par la suite). A la muleta, le toro est noble mais n’a pas de force et de charge. Avec application et professionnalisme, Luque le toréée à mi hauteur, lui arrache quelques passes. Mais le toro est allé à menos et la faena, bien que méritoire, ne transmet aucune émotion. Le torero préféré des bayonnais salue au tiers après une épée très habile et efficace.

Le cinquième, typé Garcigrande, est, physiquement, une copie du second. Il met la tête et humilie avec classe dès les premiers capotazos. Il sera très bien piqué. Mis en suerte de plus en plus loin, il charge avec beaucoup d’alegria et pousse avec de la caste et de la bravoure au contact du fer. Grand tercio de piques, le picador, Oscar Bernal, est ovationné par le public debout. Le toro est noblissime, il part de loin, répète en humiliant C’est un très bon voire un grand Pedraza. Malheureusement, il est tombé sur un Sergio Florès brouillon, truqueur, limite vulgaire et dépassé par la caste du toro. Quel gâchis ! Le toro, très mal toréé, finit par aller à menos ; Très grande ovation pour l’arrastre et silence plus qu’indulgent pour le torero ;

Le sixième boîte et est rapidement, probablement trop vite, remplacé par un sobrero du même fer typé Garcigrande. Différent morphologiquement des second et cinquième, il le sera également par son comportement. Juste de forces Il prend deux piques avec du genio, se défendant sans pousser. Faible et manquant de race, il s’éteint à la troisième série offrant peu de possibilités à Salenc. De la faena, on retiendra le grand coup d’épée, le second d’Adrien lors de cette tarde, qui viendra la conclure.


Fiche technique : Arènes de Bayonne, Vendredi 30 Juillet, première corrida de la temporada ;
6 toros de Pedraza de Yeltès dont deux sobreros (1er bis et 6ème bis) inégaux de morphologies (trois typés Aldeanueva (1er bis, 2nd et 4ème et trois typés Garcigrande) et d’armures, excellents les troisième et cinquième pour :

Daniel Luque : salut au tiers, salut au tiers
Sergio Flores : une oreille, un avis et silence
Adrien Salenc : deux oreilles, silence

Salut du banderillero Antonio Chacon au troisième et Raul Caricol au quatrième
Vuelta au second toro
Quinze piques, trois chutes
Ovation pour Oscar Bernal qui a très bien piqué le cinquième
Cavalerie Heyral
Président : Bernard Peytrin
Environ 3500 personnes
Ciel nuageux mais température agréable

Thierry Reboul

Voir le reportage photographique : Philippe Latour