Bayonne (03/09/2021) : une goyesque bleu pâle...

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Visuel Bayonne 03092021Il y a deux ans, la goyesque bleue avait été un grand moment de tauromachie ; Les miracles ne se reproduisent que très rarement et c’est déçu que le public a quitté les arènes bayonnaises. La faute a un lot de toros de « El Montecillo » âgés en moyenne de cinq et huit mois.

Superbes de présentation ils ont manqué de moteur, de fond et de race. Les toreros ont eu du mal à enchaîner et lier des passes, pitos pour la plupart des arrastres
Venu en remplacement de Ponce, Antonio Ferrera est sorti sous les sifflets après une prestation qui ne restera pas dans les mémoires.
Il a fallu pas mal d’abnégation à Luque et De Justo pour tirer une faena avec un peu d’intérêt à des toros peu enclins à participer à l’exercice.

Le premier, et le plus lourd du lot, est comme le seront les trois suivants très mal piqué .Il prend un puyazo en poussant sur une corne, revient seul au cheval à la seconde pour un picotazo et s’endort sous le fer à la troisième. Le toro a peu de charge et le torero peu de motivation, la faena ne s’éternise pas. Silence après un quart de lame tombée et deux descabellos.

Le second, bien reçu à la cape par Luque, n’humilie pas. Il prend une première grosse pique en poussant. Mal piqué, malgré une belle arrancade, il pousse moins à la seconde. Le toro, juste de forces, est très bien banderillé par Perez Mota qui est invité à saluer. A la muleta, il a une charge courte et sans alégria. Débuts de faena par des doblones de belle facture, les deux séries suivantes manquent d’intérêt car le bicho ne permet que des demis passes à mi hauteur. Luque s’arrime et à force d’insister arrive à tirer et lier quelques muletazos plutôt dominateurs. C’est peu mais il faut s’en contenter. Salut au tiers après un pinchazo, une entière tombée et trois descabellos.

Le troisième est lui aussi un joli toro et les véroniques en tablas de De Justo sont élégantes. Mal piqué, il prend deux puyazos en se défendant. Bien doublé, il n’a lui aussi qu’une demi charge. Il faut attendre la quatrième série pour que le torero puisse lier quelques muletazos. les derniers les plus élégants. Fin de faena méritoire mais un peu juste pour justifier l’oreille octroyée par la présidence surtout avec l’entière tombée qui l’a conclue.

Le quatrième, abanto, mal mis en suerte, est mal piqué. bronca pour le picador. Le toro n’a pas de grandes qualités et même quelques défauts sur la corne gauche. Peu inspiré, Ferrera l’aborde avec prudence et finit par être rappeler à l’ordre par le public qui goute peu sa prestation. Le torero de Badajoz abrège et tue d’une demie portée avec prudence, sifflets lors du retour vers le callejon.

Le cinquième est superbement armé. Il a le comportement réservé caractéristique des toros de 6 ans. Très bien piqué, il prend deux piques sérieuses, la première en poussant. José Chacon, auteur d’un grand tercio de banderilles, est ovationné.
Le toro est tardo mais permet un peu en début de faena. Avec autorité Luque l’embarque, lors des trois premières séries, dans des muletazos aussi élégants qu’inespérés. Le torero prend du recul, cite de loin, le toro vient et prend un superbe derechazo circulaire tiré au maximum. Malheureusement le peu de race du Montecillo prive le torero de la possibilité d’enchaîner plus de deux passes en suivant. Nouveau cite de loin, le bicho ne répond pas. Tentative à gauche qui avorte très vite, car le toro ne fonctionne pas sur cette corne. Retour à droite pour un final élégant mais marginal avant la conclusion par une belle entière portée avec engagement. Deux oreilles, la seconde parce qu’il y a une vraie relation amoureuse entre Luque et le public bayonnais, l’arrastre sera la seule de la tarde à être applaudie.

Le sixième est un très beau toro. Il a tous les défauts d’un toro âgé. Il est distrait, a une charge réduite au minimum et est violent quand il charge. Bien piqué, il prend deux piques en poussant. Et puis c’est tout. Il est très difficile à banderiller et à la muleta, Emilio de Justo ne peut pas en tirer un muletazo. Silence pour le torero et bronca pour le toro à l’arrastre.

Ainsi s’achève avec une nouvelle sortie à hombros à Bayonne de Luque, une goyesque qui ne restera pas dans les mémoires.


Fiche technique :
Arènes de Bayonne, corrida goyesque bleue
6 toros de la ganderia « El Montecillo » très bien présentés manquant de charge, de fond et de race pour :

Antonio Ferrera : silence, sifflets en rentrant au callejon
Daniel Luque : un avis er salut, deux oreilles
Emilio de Justo : une oreille, silence

Poids des toros (en Kg)  : 615,515,528,518,518, 519 et 530
13 rencontres avec la cavalerie
Cuadra Bonijol
Saluts de Juan Manuel Perez Mota au second et de José Chacon au cinquième
Président : Bernard Peytrin
Quasi lleno de COVID
Belle soirée de Septembre

Thierry Reboul

Voir le reportage photographique : Philippe Latour