Vic-Fézensac (19/05/2013) : rayons de soleil dans l'eau froide

  • Imprimer

Photo : Lola
Photo : Lola
Journée très vicoise, "como antes" au fond. De la pluie glaciale, des toros impeccablement présentés, de bons et de mauvais moments. La corrida de José Escobar a été très controversée. Elle était impressionnante.

Les deux premiers se sont employés le plus sous la pique et sous les leurres. Les deux suivants étaient des mansos de catégorie. Les deux derniers avaient de la qualité mais manquaient de carburant.
Rafaelillo s'en est vu pour se débarasser du quatrième, manso de catégorie. Il a du son salut à son métier et à son courage. Paco Ureña trop vert pour une rencontre un trop musclée pour lui, n'a pas pu tirer son épingle du jeu. On ne lui enlèvera pas son courage. Manuel Escribano est en pleine forme. Rien ne l'effraie. Il domine les trois tiers et celui des banderilles particulièrement. Son envie fait plaisir à voir. Il emballe tout le monde par son enthousiasme. Sa deuxième faena devant un animal noble mais faible a montré qu'il n'était pas seulement un guerrier mais aussi un torero qui a le sens du rythme, élégant et varié dans son style. C'est vraiment l'homme en vue de ce début de temporada. Il peut devenir une icône car, cerise sur le gâteau, il tue avec décision.
Le soir, très hamonieuse la corrida de Cebada pour les amateurs du genre en tous les cas: les permiers, deuxième et cinquièmes des estampes dans le type de la maison. Elle fut intéressante dans l'ensemble avec deux grands toros le quatrième violent mais spectaculaire et surtout le sixième qui partit de loin à la pique et qui fut pas la suite vibrant sous la muleta, humiliant et répétant ses charges sans se lasser. Il fit donc une vuelta - controversée comme de juste...
Fernando Robleño ne se fit pas prier pour toréer malgré une piste détrempée. Il fut justement ovationné pour cela. Saluons aussi le travail des arçons de piste. Une piste qui malgré tout a nuit au spectacle, elle causa sans aucun doute des chûtes intempestives.
Fernando mit paquet face au quatrième et lui déclara la guerre. Beaucoup d'émotion dans une faena peu orthodoxe mais avec une générosité totale qui emballa le public fort justement. Il eut le dessus dans cette bagarre sans pitié face à un adversaire qui se bougeait et qu'il sut assujetir. Il tua d'une entière et la récompense fut largement demandée. Comme Paco Ureña le matin, Fernando Cruz n'était pas à sa place dans ce genre de confrontations rugueuses. Il fut débordé par le cinquième sans doute permettait plus. Il le tua mal et il yeut quelques sifflets. L'avenir s'obscurcit pour le torero madrilène qui jouait là à domicile puisqu'il y a de nombreux fans dans le sud-ouest.
David Mora est passé à côté d'un grand succès au sixième. A la muleta il s'accorda parfaitement à la caste boyante de "Somnambula". Il le toréa dans un mouchoir de poche avec ce mélange de fermeté dominatrice et de recherche esthétique qui en fait un des toreros les plus intéressants du circuit. Un torero qui doit beaucoup à Vic où il a souvent triomphé. David pourtant réputé bon tueur fut particulièrement calamiteux à l'épée ce qui l'empêcha de biern rémater cette journée. Du moins aura-t-on vu les qualités (remarquables pour qui sait regarder) du somnambule de Cebada.


Pierre Vidal

Vic-Fézensac. Dimanche matin, 3/4 d'arène. Averses intermittentes.

6 toros de José Escobar. Le second comme sobrero.
Rafelillo, framboise et or: silence et silence.
Manuel Escribano, rose pâle et or: une oreille et salut.
Paco Ureña vert pomme et or: silence et saluts après avis.

Voir le reportage photographique : Lola

 

Dimanche soir. Quasi lleno. Averses violentes. Paseo retardé d'une demie-heure.

6 toros de Cebada Gago, le sixième "Somnanbula" numéro 107 Vuelta al ruedo.
Fernando Robleño en rose trémière et or: salut et une oreille après avis.
Fernando Cruz vert empire et or: silence et silence.
David Mora en bleu ciel et or: silence après un avis et vuelta.

Voir le reportage photographique : Lola