Vic-Fezensac (20/50/2013) : espérances douchées

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Photo : Lola
Photo : Lola
Tout marchait comme sur des roulettes et on fêtait la victoire sur les intempéries dès dimanche soir. Vic avait retrouvé ses fondamentaux et l'équipe de rugby locale avait même gagné le droit de disputer les huitième de finale honneur. Et patatras, adieux veaux, vaches cochons la calamiteuse corrida finale d'Adélaïda a terni sur le fil le bilan de cette féria "como antes".

La journée avait pourtant superbement commencé par la prestation de "Bolero" de La Quinta qui partit de loin prit quatre piques et surtout répéta avec classe, transmission les naseaux rasant la piste sous la muleta autoritaire de Diego Urdiales. Le torero d'Arnedo se montra sous son meilleur jour: sobre et élégant visiblement à son aise dans le luxe. Une partie du public demanda la grâce de Bolero.Il y avait là quelques relents d'une soirée trop arrosée. Diego n'écouta pas le chant de ces sirènes et prit l'épée. Il pincha une première fois pour le tuer au second voyage.Il coupa une grosse oreille et "Bolero" fit un tour de piste très applaudi. Ce fut le grand moment de la journée.
Le second La Quinta n'avait pas la classe du précédent. Il s'était employés sous les piques et Castaño sut exploiter ses avantages. Il fut applaudi. On baissa d'un ton avec le Murteira Grave (3ème) qui montra peu d'appétence pour l'équidé se transformant par la suite en bloc de marbre. Son petit frère (4ème) -petit, c'est une façon de parler, car il avait de sacrés porte manteaux- eut plus d'allant sous le cheval (5 piques), avec plus de violence que de classe. David Adalid et Fernando
Sanchez s'illustrèrent. Javier Castaño arracha une à une quelques passe qui avaient leur prix mais il tua médiocrement. Le cinquième de Robert Margé se cassa la corne on lidia donc un Murteira Grave hors concours. Le sixième Margé sema la terreur, David Adalid se montra héroïque dans sa
pose de banderilles et reçut une grosse ovation.

Malgré le ciel enfin bleu, la suite doucha les espérances matinales: piteuse corrida d'Adelaïda Rodriguez, une ganaderia en perdition, d'une faiblesse insigne, tous les toros se vautrant par terre à la sortie de la pique sauf le sixième se défendant sur place. La présidence dut en changer trois dont un Escobar immobile et auquel Fandiño arracha quelques derechazos en s'entregant un maximum. Il porta un estoconazo qui émut le placo lui décernant une oreille très critiqué le torero d'Orduña fit un tour de piste controversé en laissant son trophée dans le callejon. Juan Bautista mit toute sa technique pour essayer de maintenir debout le premier. Ses efforts furent vains, le patapouf tomba
comme ses frangins le firent par la suite. La faiblesse du suivant ne laissa aucune option à l'arlésien. Alberto Aguilar ne put rien faire lui non plus à son premier passage. Le sixième tenait sur ses pattes mais il n'avait aucun parcours et décochait des coups dans tous les passages. Alberto débordé dut renoncer et ses tentatives désespérées et catastrophiques à l'épée mirent un comble à l'exaspération du respectable. Bref, un fracaso de catégorie.
Ainsi se terminait dans la déception une féria vicoise qui eut pourtant ses bons moments et dont tous les toros, il faut le souligner, ont été d'une présentation irréprochable. "Bolero" n'était toujours sacré officiellement vainqueur de la corrida concours lundi soir. Le dépouillement des bulletins de vote des spectateurs ne laissait cependant sans aucun doute sur le sacre de cet excellent toro de La Quinta.


Pierre Vidal

 

Vic-Fézensac lundi matin, corrida concours. Plus de deux tiers d'arènes.
Averses.
Deux toros de La Quinta, deux de Muteira Grave, deux de Roberet Margé,
un sobrero de Muteira Grave (hors concours) en cinquième.
Vuelta au premier toro
Diego Urdiales en Bordeaux et or: une oreille après avis, silence et silence
Javier Castaño en bleu marine et or: saluts, saluts et silence.
David Adalid et Fernando Sanchez, de la cuadrilla de Javier Castaño, ont
salué à trois reprises. Ils gagnent le prix de la meilleure cuadrilla.
Grosse ovation au picador Manuel Burgos qui remporte le prix du meilleur
picador.
Remarquable prestation de la cuadra Bonijol et du cheval Uda.
Une minute de silence a été observée à la mémoire du maestro Pepe Luis
Vasquez.

Voir le reportage photographique : Lola

 

 

Vic-Fézensac, lundi soir. Plus de trois quart d'arène. Ondées sporadiques.
8 toros d'Adelaïada Rodriguez, (deux sobreros, deuxième bis et ter) et
un sobrero de José Escobar.
Juan Bautista en gris plomb et or: silence et silence,
Ivan Fandiño en lilas et or: silence et une oreille protestée,
Alberto Aguilar en vanille et or: silence et sifflets.
Tous les toros ont été sifflets à l'arrastre.

Voir le reportage photographique : Lola