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Nîmes (19/09/2015 - tarde) : Roca Rey signe son entrée chez les Grands... Ponce et Bautista ouvrent la Porte des Consuls...

@Daniel Chicot
@Daniel Chicot
Andres Roca Rey a fait bien plus cet après-midi que de recevoir son alternative : Il est entré par la Grande Porte chez les Grands... Et ce même s'il a du se contenter de sortir par celle des cuadrillas le jour de son alternative, alors que deux Grands ouvraient la Porte des Consuls, le public n'arrivant plus à quitter les arènes malgré la fraicheur de la soirée.

Car le spectacle a été de qualité, les deux "anciens" du cartel ne s'en laissant compter par le jeune impétrant, arrivé à Nîmes précédé d'une réputation dont il a prouvé qu'elle n'était pas surfaite... Mais voilà, les figuras ne sont pas à leurs places pour rien. Et elles comptent bien y rester. Qu'on se le dise.
Vingt-cinq ans après son alternative, Enrique Ponce n'a plus rien à prouver... Depuis longtemps. Il a un temps pris un peu de recul, laissant les jeunes coqs s'emberlificoter dans leurs "G" quelque chose : Dix ; cinq ; trois... On ne sait plus trop. Certains ont explosé en plein vol. Lui est toujours là... Et un peu là. Et pas las du tout, apparemment. Parce qu'il n'était pas facile, son premier "Toro de Cortes" et il lui a fallu consentir un gros effort pour le rendre à la raison, avant une violente estocade dont il sortira meurtri aux adducteurs. Ponce peut tout se permettre... Même un petit hochement de tête lorsque retentit un premier avis, alors même qu'il distillait une à une des naturelles surnaturelles à son noble second... Handicapé par cette douleur à la cuisse, il avait peiné physiquement en début de faena. Et là, il profitait... Et nous avec. D'où ce petit hochement de tête. Avec classe. Toujours. Et comme en général, ces histoires finissent bien, l'épée fut rapidement concluante, le deuxième avis tombé.
Juan Bautista a souffert tout le week-end dernier des suites d'une pneumonie. Il a sauvé l'essentiel : En triomphe à Arles aux côtés du Juli et seule oreille d'un Adolfo à Guadalajara. Mais il lui manquait de pouvoir à nouveau complètement s'exprimer. C'est fait. A la douceur de Ponce, à la détermination de Roca Rey, il a su répondre avec ses armes, celles qui font de lui l'un des toreros les plus complets du circuit : Variété ; domination ; relâchement ; profondeur et deux recibirs. Le premier, pinché profond, lui valant de perdre un trophée. Le second, époustouflant. De la belle ouvrage pour une énième Porte des Consuls à Nîmes.
Et puis on a vu Andres Roca Rey. Et quelque chose me dit qu'on le reverra... souvent. Le jeune Péruvien a dit dans la presse "vivre son rève". Il nous fera réver. Ce n'est pas possible autrement. Il a obtenu une oreille de son toro d'alternative, "Pocosol", de Victoriano del Río. Puis, après un début flamboyant à la cape face au titulaire sorti en sixième position, changé pour cause de boîterie, il a vu sortir du toril un autre Victoriano, irrascible celui-ci, qui ira même jusqu'à le bousculer. A force de courage et d'abnégation, Roca Rey ira au bout de son rève pour arracher un deuxième pavillon. De quoi faire une vuelta à dos d'homme avec les Grands. De quoi réver, encore...

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Anthony Pagano :

Enrique Ponce, dut composer avec l'hésitant second Victoriano à la charge courte et saccadée en début de parcours. Grâce à sa technique sans failles, le Valencian réussit à masquer les défauts et faire ressortir une noblesse enfouie, en rallongeant la charge du toro pour servir particulièrement de très bonnes naturelles. Enrique fit parvenir l'émotion dans les tendidos et tua de 4/5 de lame. En portant l'estocade il fut blessé à l'abducteur droit. Une oreille. Après un passage à l'infirmerie le Maestro revint en piste pour lidier le quatrième, portant le fer de Juan-Pedro Domecq. Souffrant, il comprit rapidement son toro et il arrangea peu à peu les défauts de celui-ci. Enrique, élégant et doux donna les meilleurs passages du jour sur la corne gauche avec lenteur et temple sous les notes de Deguello interprété par l'orchestre Chicuelo II et il donna une nouvelle fois de l'émotion au public. Il ne prit l'épée qu'après la sonnerie du premier avis et tua d'une entière en place. Deux oreilles.

Juan Bautista, salua le troisième par une larga genoux en terre. Après un brindis au public, il fixa rapidement le toro et améliora la charge de celui ci pour l'allonger et en faire ressortir la noblesse. Très technique l'Arlésien servit alors une faena principalement droitière au cours de laquelle il se montra varié et toréant avec relâchement et profondeur. Il tua d'un coup de descabello après 1/4 de lame a recibir. Véroniques de rodillas et en tablier pour saluer la sortie du cinquième, Jean-Baptiste banderilla ensuite lui même son toro avec engagement et fut ovationné. L'Arlésien montra d'emblée sa grande détermination, commençant sa faena à genoux. Une nouvelle fois très technique Juan allongea la charge de son opposant pour donner de très bons passages à droite avec douceur et toreria. Deux oreilles après une entière à recibir.

Andrés Roca Rey, s'illustra en premier lieu au capote et réalisa un quite varié après deux piques sans histoire. Il reçut en piste l'alternative et brinda son premier toro en tant que matador à ses proches présents en contre piste. Il débuta la faena par un enchainement harmonieux de passes statuaires et de derechazos. Il dut composer avec un toro limité en forces mais possédant de la noblesse qu'il sut exploiter. Le jeune matador de toros se montra technique et étala une tauromachie élégante et posée. Il sut bien s'adapter aux conditions de son adversaire et il mena sa faena d'une main de maitre. Il termina son trasteo par Luquesinas et coupa une oreille après entière en place. Il fut magistral capote en mains à la sortie du sixième qu'il salua par tafalleras, rematant par une larga de rodillas. Le toro se blessa et fut renvoyé au toril pour boiterie. Andrés fit également illusion à la cape face au sixième bis qui ne poussa que très peu sous le fer. Après un brindis au public, le Péruvien entama par statuaires. Il donna une faena intelligente et courageuse face à ce toro à la charge décousue et violente. Andrés ne baissa pas les bras et fut valeureux allant même jusqu'à l'accrochage. Il réussit à aller prendre les seuls muletazos que le toro pouvait donner et tua d'une entière en place. Une oreille.

Fiche technique :
Deux toros de la ganaderia "Victoriano del Rio" (1 et 6 bis), deux de la ganaderia "Cortes" (2 et 3) et trois de celle de "Juan Pedro Domecq" (4,5 et 6). Tous correctement présentés et armés. Aucun n'exprima de bravoure sous le fer et tous inégaux de jeu lors du troisième tiers. Le sixième fut changé pour boiterie et remplacé.

Samedi 19 Septembre 2015. 17h30.
Entrée : 4/5 d'arène.
Temps : Beau avec léger vent.
Durée de la course : 3h00.
Rencontres avec la cavalerie de Philippe Heyral: 13.
Poids des toros : 509, 515, 505, 516, 501, 518 et 534 kgs.

A noter :
- Andrés Roca Rey se présentait dans les arènes de Nîmes et à reçut aujourd'hui l'alternative.
- A l'issue du paséo les trois diestros ont salué l'ovation du public.
- Enrique Ponce et Juan Bautista sont sorti en triomphe par la porte des Consuls et Andrés Roca Rey par celle des cuadrillas.


Enrique Ponce (Turquoise pale et or) : 1 Oreille / 2 Oreilles après 2 avis.
Juan Bautisa (Bleu marine et argent) : 1 Oreille / 2 Oreilles après 1 avis.
Andrés Roca Rey (Rose pale et or) : 1 Oreille / 1 Oreille.

Anthony Pagano


Voir le reportage photographique : ElTico