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Dax (12/08/2017 - matinale) : Dorian Canton et Alejandro Adame qualifiés pour la finale des non piquées...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
Journée de la jeunesse et de l’avenir à Dax, la novillada non piquée qualificative a conclu une matinée débutée par un encierro de carreton et une intéressante initiation aux tauromachies espagnoles et landaises. Cette course s’est déroulée devant près de 4000 personnes avec une forte présence d’enfants et de jeunes gens.

Au cartel, les novillos du Lartet, très bien présentés, avec des têtes sérieuses, étaient prêts à offrir leurs oreilles. Malheureusement, les novilleros ont tous failli avec les aciers. Des cinq erales on retiendra le second et le quatrième excellents. Le premier s’est avéré compliqué, le quatrième noble. Difficile de juger le cinquième, le toro, tardo de nature, il a eu du mal à se remettre d’un recorte maladroit de la part d’un des peones.

Le premier bien armé et costaud met bien la tête dans le capote. Il est un peu juste de forces. El Rafi le banderille avec aisance et efficacité. Après avoir brindé au public, le nîmois le double et le ramène au centre du ruedo. Après une bonne série de derechazos, toréant en ligne droite et donnant la sortie, l’eral commence à se défendre. Le jeune novillero va alterner de bons passages avec des passages plus brouillons. L’exercice est compliqué car le toro qui manque de fond glisse vers les tablas. Le toro s’éteint, Rafi prolonge trop la faena. Il salue au centre après avoir tué d’une demie de côté et d’une entière en place. A noter les bonnes interventions du novillero en tant que chef de lidia, il a fait un quite opportun à un de ses collègues en difficulté et est intervenu à cuerpo limpio pour secourir le peon Miguelito repris au sol à plusieurs reprises par le deuxième eral.

Le second est lui aussi bien présenté. Alejandro Adame répond à un bon quite de Manuel Diosleguarde par un quite par lopesinas. A la sortie d’une paire de banderilles, le peon Miguelito est accroché, tombe et est malmené par le novillo. Le nîmois s’en tire sans grands dommages. Le toro est noble et encasté. Il part de loin et répète dans la muleta. Comme à Plaisance, le mexicain toréé sur le voyage et en abusant du pico. C’est dommage car le bicho est excellent, ne demande qu’à humilier et transmet de l’émotion. Ce que fait le torero est joli mais trop loin de l’animal et manque de profondeur. Les séries à gauche sont données à mi hauteur, arrête le toro en sortie de passe alors qu’il ne demande qu’à baisser la tête et poursuivre sa charge au-delà de la rencontre avec le novillero. Comme à Plaisance, le mexicain tue mal. Silence pour le novillero et applaudissements pour le novillo.

Le troisième est un colorado, typé Cebada Gago. Il est tardo aux banderilles. Manuel Diosleguarde cafouille son début de faena. Comme vu à Hagetmau, ce type d’encaste doit être toréé à mi hauteur sans trop vouloir les obliger et en se replaçant entre les passes, sinon les toros se rebellent et accrochent la muleta. Pour confirmer cette théorie, dès que, sur les conseils de José Ignacio Sanchez, le novillero applique le mode opératoire adapté, la faena prend une autre dimension. Le torero de Salamanque enchaîne de bonnes séries des deux mains et le toro se laisse toréer. Après un final sur un terrain réduit et un adorño par bernardinas, Diosleguarde tue mal d’une entière tombée et deux descabellos et doit se contenter d’une vuelta.

Dorian Canton accueille le quatrième par des paquirrinas, quatre véroniques et une belle demie. Le novillo est noble et encasté. Il part de loin et baisse la tête. Après un début le long des planches et une série de derechazos à genoux qui n’apporte rien à la lidia, le béarnais cite l’eral à la bonne distance pour une bonne série à droite. Par la suite, il ne trouvera pas toujours la bonne distance pour profiter de la charge du novillo et manquera de temple pour valorise sa noblesse. Il y a dans cette faena de bons passages mais d’autres plus brouillons. Globalement le novillero, sans démériter, reste en dessous du Bonnet dont il n’explorera pas tous les possibles. Comme à Plaisance, l’élève d’Adour Aficion a du mal à tuer. A nouveau, il se fait accrocher à l’issue d’une entrée à matar qui résulte tombée et atravesada. Comme son prédécesseur, le français se contente d’une vuelta, l’arrastre est très applaudie.

Le quatrième est quasi utrero. Il est tardo, se défend plus qu’il n’attaque. Manso con casta, il a besoin d’une lidia autoritaire mais a un certain potentiel. Malheureusement, sur un recorte très maladroit et très sévère d’un des peones, il tombe. Il se relève difficilement et laissera tous ses moyens physiques dans ce malencontreux accident. Villita ne pourra pas construire de vraie faena face à un novillo de plus en plus parado. Dommage car le garçon a de beaux gestes. Il réalisera à gauche les deux meilleurs muletazos de la matinée. En fin de faena, l’eral est semblable à un carreton et pose des problèmes au novillero qui a du mal à le cadrer et le tuer. Il tombe à la limite du troisième avis. Le garçon est à revoir dans d’autres circonstances.

A toute compétition, il faut un vainqueur. Le jury est souverain mais pas infaillible. Sont qualifiés pour la finale Alejandro Adame et Dorian Canton. Le choix du mexicain est absolument incompréhensible compte tenu de son toreo très lointain. L’éviction de Manuel Diosleguarde est une injustice. Le choix de Dorian Canton peut se comprendre, mais peut aussi se discuter. Il a touché un très bon novillo qu’il a sous exploité et la faena de Rafi comporte de très bons passages face à un novillo compliqué.
Personnellement j’aurai qualifié Rafi et Diosleguarde, mais je n’ai pas voix au chapitre et la finale opposera Adame et Canton, lundi matin à des novillos de Guadaira.

Fiche technique
Féria de Dax, novillada non piquée qualificative.
Cinq erales de la ganaderia du Lartet, très bien présentés, compliqué le premier r, noble le troisième, inédit le cinquième, excellents les second et quatrième.


El Rafi : un avis et salut au centre
Alejandro Adame : un avis et silence
Manuel Diosleguarde : un avis et vuelta
Dorian Canton : un avis et vuelta
Villita : deux avis et silence


Quatre mille spectateurs
Grand beau temps

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour