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Dax (12/08/2017 - tarde) : quelques détails de Talavante...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
L’ouverture de la Féria Dacquoise a été gâchée par un lot de toros de Domingo Hernandez justes de trapio et très pauvrement armés. Le moral est à la hauteur de cette présentation indigne d’une arène de première catégorie. Faiblards, ils sont tous arrivés à la muleta sosos, sans personnalité et distillant l’ennui d’une soirée d’hiver dans un casernement isolé sur l’ile de Saint Pierre et Miquelon.


Face à eux El Juli, spécialiste de cet élevage, a été complètement démotivé et sans recours. Alvaro Lorenzo est un torero appliqué mais qui manque de personnalité et face à des toros qui ne transmettent pas d’émotion, il est ennuyeux. Talavante est un torero qui a de la personnalité. Il a un poignet magique. Il parsème ses faenas de détails spontanés et originaux, mais tout cela sonne creux face à un toro soso, qui charge sans conviction.

Le premier, léger et pauvre de tête, est faible. Mal mis en suerte, il prend deux picotazos en arrière. A la muleta, le toro est soso. El Juli affiche un manque de motivation étonnant compte tenu de son rang. Le toro charge au pas, sans conviction et pourtant le torero se fait toucher la muleta. Pas grand-chose à tirer à droite, à gauche le Domingo Hernandez est décomposé. Retour à droite, et après deux séries, il ne passe plus. Deux pinchazos, un julipié et trois descabellos plus tard, El Juli rentre au callejon sous les sifflets.

Le second est armé très fermé. Peu piqué, il sort du tercio sans grand moral. Talavante réussit l’exploit de le tenir au centre de la piste quand le toro n’avait qu’une seule envie, partir aux tablas. Le torero déroule une faena élégante mais qui ne transmet que peu d’émotion par la faute d’un toro fade et sans transmission. C’est une très sympathique séance de torero de salon mais il manque la présence d’un toro de combat.

Le troisième, complètement invalide, est immédiatement renvoyé au toril. Le sobrero prend une pique et un picotazo. A la muleta, il avance au pas, sans conviction. Alvaro Lorenzo enchaine des passes « bien faites » mais qui ne transmettent aucune émotion en l’absence d’une vraie opposition. Le torero prolonge la faena au-delà du nécessaire. Après un final par luquesina, il conclue d’une entière de côté et coupe une oreille.

Le quatrième prend deux piques traseras. A la muleta après une série à droite intéressante, El Juli se fait déborder à gauche par un toro pourtant soso. Retour à droite, mais le toro ne transmet aucune émotion et El Juli abrège. Le public exprime sa déception.

Le cinquième est un manso. Il erre du titulaire au réserve sans prendre de véritable pique. Juan José Trujillo salue après une bonne paire de banderilles. Talavante débute sa faena par des derechazos de rodillas, une bonne série, debout, à droite suivie d’un enchaînement de naturelles, farol et pecho très élégant. La suite de la faena est très jolie à regarder mais le toro ne transmet aucune émotion. Talavante coupe une oreille pour récompenser ses qualités artistiques personnelles.

On pourrait faire un copier coller de la description de la lidia du troisième pour décrire celle du dernier. Deux picotazos, une faena appliquée mais sans aucune émotion et Alvaro Lorenzo termine par une entière en place longue à faire effet.

Si Talavante et Lorenzo quittent les arènes sous les applaudissements, El Juli sort sous les sifflets. En deux saisons et deux prestations très moyennes, l’histoire d’amour entre le torero et Dax semble avoir du plomb dans l’aile d’autant qu’une partie du public le rend responsable du choix des Domingo Hernandez.

 

Fiche Technique :
Féria de Dax, première corrida
6 toros de Domingo Hernandez (le troisième est remplacé par un sobrero du même fer) justes de présentation, pauvres de têtes et décastés pour :

El Juli : sifflets, silence
Talavante : salut au tiers, un avis et une oreille
Alvaro Lorenzo : une oreille, un avis et silence

Salut de Juan José Trujillo au troisième
Douze piques et picotazos, cavalerie Bonijol
Poids des toros : 500, 515, 525 (sobrero), 520, 530, 505
Président Guy Bourniac
9/10èmes d’arène
Ciel cotonneux

Thierry Reboul

 

Voir le reportage photographique : Philippe Latour