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Béziers (18/08/2013 – tarde) : Fernando Robleño et Javier Castaño a hombros à l'issue d'une Miurada entretenue

 

Photo : ElTico
Photo : ElTico
C'est sur une Miurada « à l'ancienne » que s'est clôturée cette Feria de Béziers 2013, la corrida réservant un triomphe aux deux vaillants du jour Fernando Robleño etJavier Castaño qui ont ravi chacun deux oreilles aux pensionnaires de Zahariche.

Les Miura biterrois avaient perdu les bonnes manières dont leurs frères de camada avaient fait étalage à Nîmes et à Istres au printemps dernier. Seul le sixième et à un niveau moindre le troisième possédaient un soupçon de noblesse, pour le premier sorti des deux parfaitement exploité par Robleño qui allait malheureusement rater sa mise à mort. Pour le reste, beaucoup de poids, de cornes, de complications et du courage à revendre du côté des belluaires qui avaient accepté de relever ce défi.

Mais au final une course entretenue qui aura enflammé plus d'une fois les gradins au moment des tercios de varas et de banderilles, grâce à la cuadrilla « magique » de Javier Castaño. Le « package » du Salmantin fonctionne toujours puisque même lorsqu'il est un peu en retrait, à la fin, il triomphe encore...

Laurent Deloye ElTico

 

 

La chronique de Grégory Boyer :

Comme la tradition l'exige, ce sont les pensionnaires de la finca de Zahariche qui ont conclu la feria de Béziers. Des toros de Miura qui ont donné du spectacle et qui n'ont pas laisse un seul temps mort dans tout l'après-midi.


Le madrilène Fernando Robleño torée en corrida de toros pour la 17e année consécutive. Paradoxalement c'était aujourd'hui sa présentation dans les arènes de Béziers. Et le moins que l'on puisse dire est qu'il a été à la hauteur de l'évènement. Son premier, très haut et aux armures ouvertes, se déplace mais n'humilie pas au capote, manquant de force. Il pousse sur la première pique. Au troisième tiers il comble son manque de force par des coups de tête en se défendant ce qui empêche le torero de se confier totalement. A gauche le toro se déplace un peu plus grâce à l'amplitude donnée à la muleta grâce à l'ayuda. En fin de faena Robleño se fâche et attaque le toro lors de deux séries qui arriveront à convaincre définitivement les arènes. Un pinchazo et une entière foudroyante permettront de couper la première oreille de la course. Son second court beaucoup en dehors du capote, et se freine dans le leurre. Il n'humilie que lorsque le maestro l'oblige. Il brinde au public un faena qui connaitra deux parties. Une première au cours de laquelle le toro se défend par de gros coups de tête obligeant le torero à se battre. Fernando Robleño fait le choix de faire venir l'animal de loin pour profiter de son élan. A gauche, il parvient à le tromper, la muleta à l'oeil contraire. Une deuxième partie débute alors. Une partie où le toro se rend complètement, permettant à Fernando Robleño de se relâcher lors de séries droitières bien assis sur les reins. Une démonstration comparable à celles si souvent réalisées par le maestro Fundi. Il terminera par des séries de bon goût, en accompagnant de la voix la charge du toro, chose qui porte sur les aficionados. Malheureusement il perdra deux oreilles promises, à l'épée. Une entière après deux pinchazos. Son dernier n'humilie pas et est juste de force. Il saute dans le muletazo pour tenter d'attraper le leurre. En vain, grâce au très bon temple du madrilène. Robleño n'abdique pas et tente de lui apprendre une par une, en prenant son temps. A gauche le toro se révèle dangereux, avisé, cherchant le torero qui montre beaucoup de courage et de mérite. Il tue d'une entière et coupe une oreille synonyme d'un triomphe largement mérité pour sa prestation générale.


Le premier de Javier Castaño, qui est resté un ton en dessous de son compagnon de cartel, est impressionnant de trapio mais met bien la tête et se retourne loin dans le capote. Le torero le remarque et le préserve. Lors du tercio de piques mené par Aberto Sandoval, la musique sera de trop, pour accompagner un toro qui ne révèle aucune véritable bravoure. Musique qui aurait pu être évitée également lors d'un second tercio dirigé par Adalid et Sanchez. Castaño débute sa faena appuyé contre les planches. Très vite le toro se plaint de la patte avant gauche, qu'il n'arrive pas à appuyer au sol. Castaño attaque le toro, qui se réserve de plus en plus, lors d'une série de pechos enchaînés. Finalement le toro se plaint des deux pattes avants et Castaño décide d'abréger. Une entière plate et un descabello. Son second saute dans le capote et ne semble pas tellement intéressé par le jeu proposé par le maestro. Bien piqué par Tito Sandoval il se révèle manquant de fond et de race, donnant de désagréables coups de tête. Pour venir à bout du toro, le torero doit voler les muletazos, en donnant de la distance, le toro se déplaçant un peu mieux une fois lancé. Un toro qui se révèle meilleur à gauche, mais la faena ne décolle pas, le torero se faisant souvent toucher la muleta. Trois pinchazos et trois descabellos. Le dernier toro de l'après-midi montre de trés bonnes qualités de noblesse en sortant du toril, lors de bonnes véroniques. Une nouvelle fois l'utilisation de la musique au second tercio n'est pas nécessaire et totalement inappropriée. Un tercio de banderilles très bien mené par Adalid et Sanchez qui seront autorisés à saluer. Après un brindis au public Castaño cite le toro au centre. Un toro qui se révèle noble dans la muleta de Castaño. Une muleta qui restera sensiblement en dessous des qualités et des conditions du toro qui aurait mérité une faena beaucoup moins guerrière et beaucoup plus ressentie. Oui, ce toro de Miura permettait le bon toreo. Les aficionados semblent tout de même suivre Castaño dans son combat, qui lui permet de couper deux oreilles (une en trop) après un recibir et un descabello.


Grégory Boyer

 


Fiche technique:


Dimanche 18 août 2013, Béziers. 18h, corrida de toros. 3 quarts d'arènes, soleil, 2h30. 6 toros de la ganaderia Miura (598, 651, 615, 607, 662 et 646kg), de présentation irréprochable, intéressants, meilleur le 6e, dangereux les 1e et 5e. 17 rencontres à la cavalerie d'Alain Bonijol pour:


Fernando Robleño (tabac et or): Oreille, vuelta après avis et oreille

Javier Castaño (blanc et or): Saluts, silence après avis et 2 oreilles


Sobresaliente: Jeremy Banti

Fernando Robleño se présentait dans les arènes de Béziers.

Fernando Robleño et Javier Castaño sont sortis en triomphe par la grande porte des arènes de Béziers.

 

Voir le reportage photographique : ElTico